‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 96 sur 400 · ACTE I, SCENE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. i

SIR HARVEY

Oui, mais il faut aussi connaître le métier?

FLATTEMAIV.

Eh ! non , pour secrétaire on prend un roturier Discret , laborieux. Ce diplomate imberbe Vous trace le sillon, et vous avez la gerbe.

SIR HARVEY

Bon , je vois que l'emploi n'est pas embarrassant.

FLATTEMAN, aoniquement.

Oui, lorsque comme vous on est très-pénétrant. A présent, baronnet, que sans inquiétude A'^ous attendez l'effet de ma sollicitude. Que vous êtes certain de l'éminent emploi Que vous allez tenir du ministre et de moi ; Pievenons, je vous prie, au jeune phénomène Qui parcourt aujourd'hui la politique arène, Et qui dès son début a fixé tous les yeux. Déjà milord Veymour en est tout soucieux ; A-t-il donc en effet le talent qu'on lui donne ?

SIR UARVET.

Edouard!... ne se peut comparer à personne. C'est l'éloquence même. Il est certain moment, Quand il dit certains mots.... je ne sais pas comment : La liberté.... nos droits.... l'amour de la patrie.... Sa voix inspire alors une telle énergie , Que si chacun de nous n'eût été prévenu , Nous eussions tous voté comme il l'aurait voulu.

FLATTEM AN.

Et c'est à vous pourtant que Ton doit ce prodige ?

i6o L'ORATEUR ANGLAIS.

SIR HA.RVEY.

Les universités d'Oxford et de Cambridge Y sont pour quelque chose.

FLA-TTEMAN.

A Londres on prétend Que ce jeune orateur vous est un peu parent.

SIR HARVEY

c'est une fausseté... Je lui servis de père ; Mais il est orphelin : et qui dit le contraire En impose.

FLATTEMAJV.

Très-bien, Vous connaissez au moins Les parents de celui qui mérita vos soins?

SIR HARVEY

Pas du tout. Le hasard le mit dans ma famille.

Par un premier hymen , d'une modeste fille

A vingt ans tout au plus je me trouvai l'époux.

Tout nous réunissait, même esprit, mêmes goûts :

J'étais heureux alors, et je ne songeais guère

A l'honneur de tenir un jour au ministère,

En épousant plus tard une grande lady

Qui, nuit et jour, me fait enrager, dieu merci!

Un soir, près du château, ma première compagne

Aboyant un bel enfant qu'un jeune homme accompagne,

En veut savoir le nom, — lise nomme Edouard^

Nous répond le jeune homme avec un air hagard.

— Mais son nom de famille? — // na d' appui quunpere

Dont la mort va bientôt terminer la misère.

S'il devient orphelin , dit ma femme en pleurant

( Notez qu elle craignait de n'avoir pas d'enfluit ) ,

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