SCÈNE XV
EDMOND, ZERBELIN.
EDMOND, préoccupé et se promenant avec action.
Oh! combien je rougis à mes yeux de ma crédulité ! Non , la perte de ma fortune n'est pas ce qui touche le plus mon cœur ; mais me voir trahi par l'amour , par l'amitié!.... Je n'ai donc été environné que de fourbes? Grâces à mon infortune, je connais maintenanties hommes; mon désastre et leur abandon m'ont éclairé sur leur perversité?.... Oui, cette cruelle leçon m'en dit plus que trente années d'existence.
ZERBELIN.
Ne vous laissez point abattre par le découragement... Quelle musique se fait entendre.... Ah ! c'est celle qui fut commandée pour la fête. i^La musique appi'oche.) Je vois déjà tous vos brillants convives... ; l'heure du souper les attire....
EDMOWD.
Une fête! des convives! que viennent-ils faire ici? me tromper, me séduire, me flagorner bassement? ils ne savent donc pas encore que je suis pauvre ?
ZERBELIN.
O mon jeune ami ! calmez-vous.
'200 L'ENFAJNT PRODIGUE.
EDJMOJVD, entendant une musique voluptueuse et des chants
éloignés.
De la mélodie! des chants!.... et le désespoir est dans mon cœur.
ZEKBEL IN.
Dissimulez cette agitation!
EDMOND, dans une espèce de fureur.
Que tous ces lâches amis , que ces femmes artificieuses et coquettes , que tous ces vils adulateurs s'éloignent, s'enfuient. Ils s'offrent maintenant à mes regards sous leur véritable forme. Je ne vois plus en eux que d'odieux reptiles qui s'avancent vers moi pour sucer la dernière goutte de mon sang. {^Les portes souvrent;on voit le jardin illuminé; des hommes, des Jemmes richement vêtues^ entrent au son des instruments. ) Ils osent s'approcher , les indignes ! ( Courant vers Vautre coté du théâtre dans les bras de Zerbelin. ) Ah ! sauve-moi! sauve-moi de ces malheureux!
ZERBELIN.
Calmez ce trouble, je me charge du soin de les congédier.