Z F, R B E L I IN
Ah! vous avez pu croire que notre désastre, qu'i est bien réel , n'était qu'une plaisanterie ?
F L O R E s T I ]V E , déconcertée.
Que dites- vous donc?
z ER BELIN.
Tenez , j'étais là , et je me promenais avec action , je faisais semblant de me croire tout seul; et, dans mon agitation, je me disais : Oh! mes bons amis du moment, comme je vais vous attraper....!
F LO RE s T ITVE , tout-à-fait déconcertée.
Et vous disiez cela?... {Elle veut tx^prendre le coffret. ) Donnez-moi.
ZERBELTN.
Attendez. Tandis que quelqu'un , caché derrière une stafue....
FLORESTINE, tendant encore la main. ■
C'est singulier!.... Mais rendez donc...
ZE RB ELIN , se retirant.
Rien n'est plus plaisant! Tout le monde s'y est trompé, jusqu'à votre maîtresse , qui consentait à nous épouser.
UjS L'ENFANT PRODIGUE.
FLORESTINE, étendant encore la main.
Oui, je conçois très-bien. Si.... vous vouliez....
Vous seule, vous qui ne m'avez point écouté, vous avez persisté dans vos bons sentiments ; vous nous avez cru sincèrement infortunés , et vous nous apportez votre fortune entière. La voilà cette cassette, ce présent d'un cœur pur et généreux. Si vous avez eu du plaisir à nous l'offrir , il n'égale pas celui que j'éprouve à le garder.
FLORESTINE, troublée tout-à-fait.
Monsieur Zerbelin?....
ZERBELIN.
Eh bien! qu'avez- vous ? vous pâlissez?
FLORESTINE
Si vous saviez.... N'abusez pas....
ZERBELIN.
Quelle émotion! votre voix tremble
FLORESTINE
C'est tout ce que je possède.
EDMOND, qui a observé toute la fin de la scène et qui a témoigné par des gestes son indignation.
Zerbelin, ne prolongez pas les tourments de cette femme. Ne voyez-vous pas à ses traits renversés l'avidité punie, la cupidité trompée? Rendez-lui ses méprisables dons, et qu'elle s'éloigne de mes regards,
Z E R B E L ] N , lui rendant le coffret.
Allez donc, généreuse Florestine, rejoindre votre digne maîtresse.