ACTE IV, SCENE XVIll. ^oj
tes dons, à leur égard, soient comme le repas auquel ils sont invités î
Z E R B E L 1 N , fait ua signe.
^ Les domestiques découvrent tous les plats à la fois , qui sont vides. — F.tonnement des convives. )
LE CONVIVE
Quoi! rien?
LA FEMME
Tout est vide.
E D 31 O jV D , se levant.
Oui, vide, comme vos âmes, que vous disiez remplies pour moi de tous les sentiments de l'amitié
Eh quoi î beau cercle d'amis de bouche, aimables courtisans de la fortune et de la bonne chère, vous restez étonnés et muets î Que sont donc devenus ces grands éloges, ces basses flatteries que vous me prodiguiez sans motifs? Non, non, plus de mets succulents, plus de vins délicieux! Je ne suis plus le bon, le noble, ie généreux Edmond!... Allons, reprenez courage; peut-être encore vais-je vous prodiguer mon or, ma fortune....
(Il se fait un mouvement. ) LE CON VI V£ , en se levant.
Il est devenu fou !
LA FEMME
Qui pouvait s'attendre à cette extravagance?
LES CONVIVES
Sortons.
^ Tous les convives se lèvent en tumulte. )
2o6 L'ENFANT PRODIGUE.
EDMOND
Quoi! vous fuyez? Où allez -vous donc, mes
sincères amis? Vous sortez donc, bas esclaves à la
tête inclinée, ridicules automates attachés au palais
du riche! Restez encore un instant ; attendez mes
dernières libéralités Emportez mes malédictions!
( Tous les convives sortent dans le plus grand désordre. ) ZERBELIIN , à un grand nombre de domestiques.
Allez! chassez cette meute dévorante; il n'y a plus ici de proie pour elle.
(Les domestiques sortent à la suite des convives.)