CTE T, SCENE II
CH ARLFS.
Que je n'aurai jainals.
EDMOi>r D.
J'en accepte l'augure.
Chez tes nobles parents c'est un mal de nature. Prends-y garde. Bientôt tu vas être un seigneur, Et des droits de mon sang devenir prossesseur.
cil ARLES.
Que dites-vous ? Le sort dans une illustre race , Je le sais, de mon père avait marqué la place; Mais je sais bien aussi qu'un hymen inégal Le priva de son rang et lui devint fatal ; Qu'il fut pour cet hymen banni de sa patrie ; Et que dans la misère il eût fini sa vie, S'il n'eût par son courage et d'honnêtes travaux Reconquis sa fortune.
EDMOND
Oui ; mais pour mon repos , Et pour te préserver de l'orgueilleux délire, Cause de mon malheur, je n'ai pas dû te dire Qu'étant déshérité, mes biens , mon rang, perdus , A l'aîné de mes fils devaient être rendus ; Que mon père, excité par le major mon frère. Qui voulait de mes biens devenir légataire. Me força pour jamais de vivre en d'autres lieux, Avec le digne objet d'un amour malheureux. Cependant son courroux, peut-être légitime, Ne vit pas tout-à-fait ma faute comme un crime : Il te légua mes biens, et, je t'en fais l'aveu, I^es honneurs d'un grand nom , auquel je tiens fort peu ;
2/|/i LA FILLE D'HONNEUR.
Et, pour mieux assurer sa volonté dernière. Le prince consentit (fetre dépositaire Ainsi qu'exécuteur de l'acte respecté, Qui te rend tous mes droits à ta majorité.
C H A R L E s , avec joîe.
Quoi, je suis possesseur?....
EDMOND
Oui, d'une seigneurie Et du titre de comte.
CHARLES
O bonheur de ma vie !
EDMOND
Tes transports , mon cher fils....
CHARLES
Sont, je le sais, très-fous :
Mais je suis si content.
EDMOND
Tu me mets en courroux !
CHARLES
Je vais être un seigneur !
EDMOND
Mais veux-tu bien te taire.
Vous êtes orgueilleux , monsieur le secrétaire.
CHARLES
Je puis me rendre alors...
EDMOND
Mais oii donc ?
A la cour.
Et je pourrai parler....