‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 172 sur 362 · ACTE I, SCENE TH. aS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE TH. aS

EMMA, passnnt au milieu.

Eli bien! je vous assure Qu'on vous reconnaîtrait d'abord h la figure : Vous avez certain air d'esprit et de bonté Qui m'eût fait deviner bientôt la parenté.

CHA.RLES, à part.

Charmante !

E D M O N D , à part.

C'est mon fils qui me vaut sa louange.

EMMA

Mais je dois vous laisser,

CHARLES

Non, non.

EMMA

Je vous dérange.

( A Charles. )

Vous avez avec moi je ne sais quel maintien! Vous n'osez me parler! monsieur, ce n'est pas bien. Je vois trop le motif qui vous rend si timide ; A vous le reprocher votre air fi-oid me décide. Sans doute, vous croyez qu'en vivant à la cour J'oublîrai iijes amis, et dès le premier jour? Grâce au ciel ! je n'ai point ce mauvais caractère; Je ne serai jamais inconstante, ni fière : La fierté , je le sais , est un vilain défaut.

EDMOXD.

C'est quelquefois celui de nos gens comme il faut.

EMMA , avec chagrin.

Non, ce n'est pas le mien ; et je sais par moi-même Tout ce qu'on fait souffrir par un orgueil extrêrae.

( Légèrement. )

Mais, de grâce, messieurs, laissons cet entretien. De tous mes chers parents je ne vous dirai rien. A l'aspect du bonheur aisément tout s'oublie.

EDMOND, finement.

Vous fûtes malheureuse en commençant la vie?

EMMA

Jamais , par mon tuteur; mais... causons plus gaîment De moi, de votre fils, d'un établissement.

CHARLES, rlaat.

Vous voulez me placer?

EMMA

Oui , la princesse est bonne , Et je puis obliger par l'emploi qu'on me donne. J'appellerai sur lui les biens et les honneurs : C'est qu'il sera très-bien parmi nos grands seigneurs.

Pour mon Charles, d'abord , je vous en remercie.

EMMA

Mais je dois le servir, si je suis son amie.

Il ne vous a pas dit que je viens le matin

Causer de lui, de moi , de tout le monde^nfin.

Votre fils a séduit jusques à la baronne ;

Elle oublie avec lui son auguste personne ;

Elle parle bien moins de ses seize quartiers,

Et du mépris qu'elle a pour tous les roturiers :

Et madame Brigitte, une sœur de ma tante.

Que l'on dit un peu prude, et même un peu méchante.

Qui , d'un air patelin , lui montre des égards ;

Ce sont de petits soins , de doucereux regards ;

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