‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 173 sur 362 · ACTE I, SCEINE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCEINE III

C'est pour le convertir et l'arracher au monde... Ah ! sur notre crédit que votre espoir se fonde ; Car je puis assurer, vous en serez témoin, Que, protégé par moi, le jeune homme ira loin.

EDMOND

Oh ! je n'en doute pas.

CHARLES

Combien elle est aimable!

EMMA , avec un air mutin.

Des plus vastes projets , moi , je me sens capable. J'ai dans le caractère un peu de fermeté.

EDMOND

Oui , je vous crois terrible !

E M i^r A , riant.

Oh! non, en vérité; Mais depuis quelque temps je suis très-résolue, Et j'ai peur d'être un jour une femme absolue. C'est la faute pourtant de monsieur le baron : On a commencé tard mon éducation ; Et le peu que je sais n'est dû qu'à la visite Que nous fit par hasard un homme de mérite ; IMais Charles le connaît?

CHARLES

Qui donc?

EMMA

Ce chevalier Quon nomme Florelli.

CHAPuLES.

Qui ? cet aventurier ' Ce Florentin connu , bouffon de la princesse ;

a56 LA FILLE D'HONNEUR.

Qui , pour la complaisance ayant pris la bassesse ,

Flatteur de son métier, charlatan effronté,

Le valet des valets des gens de qualité;

Qui vous presse les mains, puis vous embrasse encore,

Et du titre d'ami partout vous déshonore!

EMMA

En effet , en entrant , il loua ma beauté ,

Ma grâce , ma noblesse , et ma naïveté.

Je ne l'écoutais pas sans éclater de rire ;

Il me semblait si fou quand je l'entendais dire,

Tout en gesticulant, d'une voix et d'un ton....

a Ah ! qu'elle est bellissime ! Eh quoi ! dans ce canton

« Enfouir ce trésor, cette aimable personne,

« Digne d'un sort brillant, bien plus , d'une couronne.

« C'est montrer aux humains trop de sévérité

« Que de leur dérober cette divinité. »

E D 31 O ly D , à paru

Ahî vil serpent des cours!

CHARLES, à part.

Je vois trop que mon père...

EDMOND , à Emma.

Ainsi sur votre sort , ce chevalier sincère Doit avoir influé ?

EMMA

Beaucoup , en vérité.

A présent tout le monde est rempli de bonté ; Et ma tante, et sa sœur, ont changé le langage. Oui, c'est au chevalier, à son heureux voyage. Que je dois cet accueil. On me disait avant : « Jamais on ne pourra corriger cette enfant.))

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