ACTE I, SCÈNE IIl
Maintenant , la baronne est douce et prévenante , Et veut qu'en lui parlant, je l'appelle ma tante. Elle-même me nomme , « et ma chère , et mon cœur ; w L'éloge, autour de moi, forme un concert (latteur. Je parle avec esprit , et je danse avec grâce; Il n'est point, à la cour, de beauté qui m'efface; Je donne à tous mes mots un tour fin , gracieux ; Je ravis tous les cœurs, je charme tous les yeux. Enfin dans la maison je suis une merveille. Qui, dans cet univers, n'aura point sa pareille. Il faut, en vérité, que mes parents soient fous ! Moi, de leurs compliments, je me moque, entre nous ; Et profitant gaîment du sort qu'on me destine, Au présent qui sourit je livre l'orpheline.
CHARLES, à part.
Enfin, nous savons tout.
EDMOND, à part.
Je crains bien que mon fils'...
EMMA
De ce que je dis là vous avez l'air surpris? Qu'avez-vous tous les deux?
EDMOND, finement.
Je songe à la princesse , A l'honneur, au plaisir de l'avoir pour maîtresse. On peut tirer parti d'une protection Qui doit doubler un jour l'éclat d'une maison.
EMMA
C'est ce que l'on m'a dit.... Sans cesse on me répète. Que par moi mes parents ont leur fortune faite. Si je plais à la cour, ma foi , tant pis pour eux! Tome Vlll. ly
Je les congédîrai comme des orgueilleux. J'en excepte celui qui m'a servi de père ; Il a pour sa pupille une amitié sincère....
( Malignement )
Mais, sa femme le mène....
EDMON D , riant.
Ah!
E M M A , à Edmond.
Dois-je révéler.... ?
C'est vous aussi , monsieur, qui me faites parler.