‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 194 sur 362 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Pourrais-je leur jeter un dédaigneux coup cUœil, Comme le veut ma tante?

Ah ! l'on vous recommand<' D'étaler à leurs yeux une fierté très-grande?

EMMA

Oui, la baronne dit que, sans nulle bonté. Toutes dans le public dénigrent ma beauté; Que trop de bienveillance est contre l'étiquette. Tant pis î je resterai comme le ciel m'a faite ; Et sans trop m'informer de ce qu'on dit de moi, D'être bonne envers tous je me ferai la loi.

EDMOND

c'est très-bien, mon enfant.

CHARLES, à part.

O l'heureuse innocence !

EDMOND , à Emma.

Nous avons un secret d'une grande importance ; Pouvez-vous m'accorder bientôt un entretien?...

EMMA

Pour savoir un secret.... mon dieu! je le veux bien:

Mais je ne le pourrai de toute la journée.

A mes préparatifs chaque heure est destinée;

Je ne sais pas comment je puis être avec vous :

Je dois tout essayer, mes robes, mes bijoux.

Préparer mes cheveux, arranger ou défaire;

Ah! qu'on a de tourment, monsieur, quand il faut plaire!

Et tout cela pourtant ne doit durer qu un jour.

( D'un ton digne. )

Je ne puis vous parler désormais qu'à la cour.

a84 LA FILLE D'HONNEUR.

BRIGITTE, en dehors.

Emma !

EMMA

Vous entendez, c'est madame Brigitte.

EDMOND

La sœur de votre tante ?

EMMA

Il faut que je vous quitte :

Mais elle vient , je crois.

( Elle sort par lu droite.)

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