‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 207 sur 362 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Le baron, La BARONNE.

LA BARONNE

C'est une trahison indigne , abominable , Que d'admettre chez soi , recevoir à sa table Un homme du commun qui parle à tout propos . Qui fixe les regards des méchants et des sots : Avez-vous remarqué ses mots à double entente?

le baron.

Mais son intention ne peut qu'être innocente. Il parlait de la cour, des pièges qu'on y tend A la beauté novice, au jeune homme imprudent: Ce sont tous lieux communs de la philosophie En usage parmi la riche bourgeoisie.

LA BARONNE

Soit ; mais de certains traits lancés bien finement Ont frappé votre nièce, en un certain moment.

Vous avez cru voir....

LA BARONNE

Oui, c'est une repartie.

Qui soudain Ta rendue un peu plus réfléchie.

LE BARON

Quel peut être son but,

• LA BARONNE

Vous pouvez me lilâmer ; Mais ce monsieur Franebourg, je ne le puis aimer.

LE BARON

Je ne l'adore pas... pourtant c'est un brave «liomme, Qui galamment me prête une très-forte somme.

LA BARONNE

On paie à ces gens-là de très-gros intérêts ;

Mais on ne les voit plus dès qu'ils ont fait leurs prêts.

LE BARON

Vous en parlez très-bien ; mais apprenez , ma chère, Qu'on ne peut emprunter quand on n'a plus de terre ; Et qu'on est très-heureux , tout baron que l'on est , Quand un bourgeois veut bien accepter un billet.

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