ACTE III, SCENE VIII. 3,;j
LE CHEVALIER
Mais pai- vous seul ici tout le monde est troublé.
EDMOND
Ah! si je l'avais su, je m'en serais allé : Mais il est encor temps.
(Il va pour sortir.) LE CHEVALIER, l'arrêtant.
Ce n'est pas votre faute , Je dois en convenir; vous êtes un bon hôte; Mais le maudit écrit qui vous est arrivé. Pour nous mal à propos dans vos mains s'est trouvé. Vous l'avez lu : de là cette rumeur du diable !
EDMOND
Qu'en est-il résulté ?
LE CHEVALIER
C'est fort désagréable.
La petite à présent vous fait des questions ; Puis s'abandonne après à des réflexions.... On lui présente en vain sa parure élégante, Elle jette un regard inquiet sur sa tante ; Interroge les yeux, comme pour arracher Un secret important qu'on voudrait lui cacher.
EDMOND
Très-bien; je m'aperçois que, dans cette famille. On a de grands projets sur cette jeune fille?
LE CHEVALIER
Non.
EDMorfi).
Et c'est pour moi seul qu'on se montre prudent.
3i8 LA FILLE D'HONNEUR.
LE CHEVALIER
Ahl c'est que....
EDMOND
L'on veut bien emprunter mon argent ; Mais de ce qui se passe on ne me veut rien dire. Eh bien, tant pis pour vous, monsieur, je me retire. Il faut que vos secrets soient remis à ma foi, Ou vous ne devez plus ici compter sur moi.
LE CHEVALIER
Ma foi , vous raisonnez comme un homme très-sage.
EDMOND
Et de mes fonds, d'ailleurs, je dois savoir l'usage.
LE CHEVALIER
J'avoue....
A vous servir ne suis-je pas tout prêt?
LE CHEVALIER
C'est vrai.
EDMOND
Votre succès est dans mon intérêt.
LE CHEVALIER
D'accord.
EDMOND
Et si tantôt j'ai fait une imprudence, Cette faute ne tient qu'à ma seule ignorance.
LE CHEVALIER
Soit, je dois voir en vous l'ami de la maison.
EDMOND
Sur votre jeune Emma, j'ai d'abord un soupçon.