‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 224 sur 362 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

LE CHEVALIER

Quoi ! VOUS ne savez rien ?

EDMOND

Rien.

LE CHEVALIER

Bah ! vous voulez rire !

Je ne sais pas vraiment ce que vous voulez dire.

LE CHEVALIER

A la cour un secret ne l'est que pour un sot. L'homme d'esprit toujours devine à demi-mot : Pour nous autres la langue est chose très-frivole ; Presque jamais le sens ne tient à la parole. Vous vous doutez pourtant qu'une fille d'honneur Qu'on présente à la cour avec tant de splendeur, Et dont les diamants....

EDMOND

Je commence à comprendre.

Vous devez m'excuser de ne pas vous entendre , Je suis un bon bourgeois.

LE CHEVALIER

Vous ne saviez donc pas Que sans moi le baron serait dans l'embarras; Et que depuis long-temps il était en disgrâce ?

EDMOND

Par vous auprès du prince il a repris sa place ?

LE CHEVALIER

Et cette grace-là , c'est qu'il la doit à moi.

EDMOND

Vous êtes obligeant, c'est un très-bel emploi.

3ao LA FILLE D'HONNEUR.

LE CHEVALIER

J'ai toujours du plaisir à rendre un bon office.

Le baron a de vous exigé ce service?

LE CHEVALIER

Lui! quel petit esprit! il s'en garderait bien. De nos superbes plans vraiment il ne sait sien. Il n'a que le désir de voir payer les dettes Qu'autrefois la baronne a si noblement faites.

EDMOND

C'est elle qui jadis....

LE CHEVALIER

Ah ! cette femme-là Des grands talents de cour est le nec plus ultra. Aussi j'ai du respect pour ce beau caractère

EDMOND

Mais le baron pourtant s'occupe d'une affaire ?

LE CHEVALIER

C'est sa terre qu'il veut... Son frère a d'anciens droits...

EDMOND

Ah! vous voudriez donc?...

LE CHEVALIER

Sans recourir aux lois , Devenir possesseur, et sans qu'on nous en blâme, Du bien seigneurial qu'un certain fils réclame ; Et comme notre prince est chargé du dépôt , Je prétends arranger l'affaire comme il faut.

EDMOND

(A part. )

Il était temps, parbleu!... Mais vous allez bien vite;

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