‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 272 sur 362 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

« Uorlis ! c'est un fripon que l'on doit aux galères , » Dites-vous. On le sait; mais on ne le dit pas; Ou bien il faut s'attendre à se voir sur les bras De cousins , de neveux une nombreuse clique , Qui par de sots propos à vous nuire s'applique. Je conçois que , certain d'être très-bien famé , On peut se consoler de n'être pas aimé ; (Cependant il vaut mieux, par raison, par prudence, Acheter son repos par un peu d'indulgence.

FRAjN'VILLE.

De l'indulgence! moi! je n'en aurai jamais,

Pour tous ces impudents , honorable laquais , ,

Ces vils flatteurs des grands, vieux coutisans des belles

Selon l'esprit du maître arrangeant leurs nouvelles,

Parasites honteux, et qui dans un repas

Mesurent leur gaîté sur le nombre de plats,

Tels qu'on voit.... il suffit. Il faut que je te laisse;

Dix heures vont sonner , et le temps qui me presse

M'appelle ce matin chez le brave Formont.

Je reviendrai bientôt ; adieu , mon cher Dumont :

Tout en appréciant ton amitié sincère.

Tes conseils ne pourront changer mon caractère;

Et, quand je le pourrais, je ne le voudrais pas.

Si j'ai pour ennemis des sots ou des ingrats ,

Ils ne peuvent au moins oter à leur victime

L'amitié de Candor, la tienne et mon estime.

Page 1