‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 303 sur 362 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

FRANYILLE, CANDOR-.

FR AN VI LLE

Elle est folle , vraiment.

CANDOR

Dis donc qu'elle est charmante.

FRANVILLE.

Elle est très-bonne; mais...

CANDOR

Mais un peu médisante,

Son esprit, j'en conviens, t'a fait des ennemis : C'est la seule bonté qui donne des amis. Cependant...

FRAIVVILLE.

Je voudrais qu'elle eût ton caractère.

Mon cher, j'ai mes défauts, je n'en fais pas mystère: Je suis brusque parfois , et je serais méchant Si je m'abandonnais à mon secret penchant. Je ne puis sans courroux supporter l'injustice , De mon ressentiment faire le sacrifice , Quand je vois un ami faussement accusé, Par d'indignes commis un ministre abusé , Et quand de l'amitié la plus franche éloquence Ne saurait écraser l'intrigue et l'insolence.

F R ANVI LLE.

Ton généreux courroux me prouve tout-à-fait

Que ton zèle pour moi restera sans effet.

Pourquoi m'en étonner? je l'ai prévu d'avance.

Et je me suis dicté moi-même ma sentence.

Ai-je pour l'emporter ce qu'il faut aujourd'hui?

De mon intégrité me ferai-je un appui ?

De me lancer ses traits puis-je empêcher l'envie?

Est-il un bouclier conti-e la calomnie?

On crie, on vous dénonce, on s'attache à vos pas...

Oîi sont vos ennemis? vous ne le savez pas ;

Et ce n'est qu'au moment de votre décadence

Que vous sentez les coups portés dans le silence.

Mais toi que je chéris avec juste raison ,

Sais-tu qu'on a voulu, ]iar un affreux soupçon.

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