ACTE II, SCENE YII
Contre toi, cher Canclor, exciter ma colère ?
C A.NDOR.
C'est juste, les méchants font ce qu'ils doivent faire. On sait, car je le dis, quel est notre lien. Et que ton ennemi toujours devient le mien...
( En riant. )
Mais enfin, que dit-on? J'ai le désir d'apprendre Comment pour m'accuser on aura pu s'y prendre ?
FRAKVILLE.
Tls ont écrit sur toi la plus infâme horreur: Ils jurent que Candor fut mon persécuteur ; Que, sous les heaux dehors d'une amitié perfide, De cinq ou six méchants il se faisait le guide ; Qu'il ne dénonçait pas, mais qu'il savait très-bien Diriger l'action par un secret mo^^en ; Que tout en me louant, en me rendant justice. Il décochait le trait sans en être complice ; Et qu'enfin à ce coup si je dois succomber. Ce sera par toi seul qu'on me verra tomber.
C A.NDOR.
Mais cet arrangement est assez vraisemblable.
* FRA KVILLE.
Moi, je trouve qu'ils ont très-mal bâti leur fable.
c AIN DOR.
N'ont-ils point ajouté que je briguais l'honneur. Grâces à des appuis, d'être ton successeur?
FR A.]\'V1LLE
En effet, ils m'ont dit qu'un seigneur te protège.
CAXDOR.
Qu'en allant à Paris je te tendais un piège.
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FR ANVILLE
Qu'on devait t'y nommer receveur-général.
C A]\ DOK.
Eh bien , mon cher Franville , ils n'ont pas dit grand mal. S'ils ne m'avaient pas fait le moteur d'une intrigue , S'ils avaient oublié ma ridicule brigue. Propos qui ne pouvaient parvenir à ton cœur... Si plutôt on eût dit que pour ton successeur On désire m'a voir....
FR A N VILLE
Comment ? mais tu veux rire.
c ANDOR.
Non , pour te remplacer on cherche à me séduire ; Et mon grand protecteur, ce prince respecté, S'est fâché d'un refus qui blesse sa fierté. Monseigneur, ai-je dit, dans votre zèle extrême. Vous voulez dépouiller le seul homme que j'aime. Qui m'est tout dévoué, dont le cœur franc et bon...
( Candor guette la figure de Frauville.) (Franville fait un geste d'impatience.)
Pour me faire accepter... il faudrait... Oh ! mais non; Je cours auprès de lui, loin de prendre sa place. En véritable ami partager sa disgrâce.
FR ANVILL E.
A ce noble transport je reconnais ton cœur. Va, les plus grands emplois ne font pas le bonheur. Tu seras plus heureux lorsque dans ma retraite Tu jouiras des biens d'une ame satisfaite.
CANDOR
( Froidement.)
Quand l'ame est satisfaite... Ah!... quel est ton projet?