ACTE III, SCENE Vï. Sry
SAINT-GÉRANT
3'«nteruls.
CANDOR
A mon ami je dois un sacrifice.
SAINT-GÉRANT
Ce n'est qu'un préjugé; mais je vous rends justice, Car cette jeune fille, élevée en secret, Peut-être n'offre pas un très- grand intérêt.
CANDOR
La demoiselle est bien.
SAINT-GÉRANT
Elle est sans avantage ; Franville a de grands biens; mais à son héritage Elle n'a point de droit.
Aux soins litigieux Je ne descends jamais.
SAINT-GFRANT.
Vous êtes généreux.
CANDOR
Quand on est très-ami tout cela contrarie, Et peut mettre entre vous un peu de zizanie. Seulement, aujourd'hui, je crois de mon devoir D'accepter un emploi qu'il ne doit plus avoir ; En cela je le sers, car il a l'apparence De ne s'en dessaisir que par une alliance.
SAINT-GÉRANT
Vous avez cette fois parfaitement raison, l'ranville a dû trouver cet arrangement bon.
5i8 LE FAUX BONHOMME.
C A.NDOR.
Oh! de l'en avertir je me garde au contraire; Il est homme à venir brouiller toute l'affaire : Son esprit est rempli de singularités; Dans tout il aperçoit des contrariétés.
Depuis quelques instants il s'est fait philosophe; Le ciel sait qu'il n'en eut pourtant jamais l'étoffe! Il voudrait m'emmener dans un très-beau château; Et que nous y prissions la bêche et le râteau : Je ne répugne pas à ce genre de vie, Car j'aime la campagne avec idolâtrie ; Mais je suis jeune encore, et tout bon citoyen Pour servir son pays ne doit négliger rien. Trop long-temps le public accusa ma paresse ; Et si j'ai des talents il faut qu'il les connaisse. Vous voyez qu'un ami ne peut s'en prendre à moi.... Vrai , c'est pour l'obliger que je prends son emploi.
Il aurait tort.
CANDOR
Pour lui c'est un grand avantage; En épousant sa fille....
SAINT-GÉRANT
A quand le mariage ?
Je verrai la future ?
c ANDOR.
Eh! vous la connaissez.
SAINT-GÉRANT
Oii l'aurais-je connue'^