‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 353 sur 362 · ACTE V, SCENE VU · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VU

Que tu dois au chagrin, te fait changer de vie, Dois-je te seconder, quand peu de temps après Je puis te voir en butte à de Cuisants regrets? Non, Franville ne peut me hhimer de mon zèle; A tous les gens sensés aujourd'hui j'en appelle : De ma conduite enfin je ne dois pas rougir. Et je ne t'ai trahi que pour mieux en agir.

FRAIS" VILLE

J'admire avec quel art ce perfide en impose,

Et quel tour il essaie à donner à la chose.

Mais tes efforts sont vains, je pénètre ton cœur;

J'y découvre à présent tout l'art d'un imposteur.

Mais en quoi, malheureux, était-il nécessaire

De parler de mes torts et de mon caractère ?

Et pourquoi donc aussi , calomniant mes mœurs ,

Révéler sans motif mes anciennes erreurs?....

En épousant ma fille , aussi riche que sage,

Monsieur dit qu'il m'honore et qu'il me dédommage!

J'ai vu comme un honneur...

FR \rfVILLE.

Toi son époux, grands dieux !

Ah! je l'accorderais au dernier malheureux, Plutôt que de te voir l'époux de ma Sophie. Mais sachons à quel point ira ta perfidie ! Vous avez un écrit inutile en vos mains Qui devait de ma fille assurer les destins. Si mon trépas..,. Eh quoi ! vous changez de visage? Je l'ai trop deviné : ce trouble me présage Qu'il n'est rien de sacré pour le cœur d'un méchant.,.

Tu ne nie rendras pas le bien de mon enfant! Et , t'appuyant des lois contre ma confiance. Tu vas punir mon cœur d'un excès de prudence ! Oui, tu vas te venger, te voyant reconnu. De Taccablant mépris que pour toi j'ai conçu. Mais si tu veux pourtant échapper au scandale Qui portera sur toi la haine générale , Si tu veux tout calmer, il n'est qu'un seul moyen : C'est d'annuler l'écrit qui te donne mon bien. Allons, prends ce papier.

(Lui montrant la table.) CANDOR.

Et comment puis-je écrire?...

FRANVILLE.

Tu pourrais hésiter?.... ^

CA NDOR.

Avant je dois vous dire....

FRANVILLE.

Non, je n'écoute rien,

CANDOR

Mais lorsque vous saurez....

FRAIVVILLE.

Ce que je vais dicter, morbleu! vous l'écrirez.

CANDOR

La violence ? ô ciel !

FR ANVILLE

J'ai la tête perdue ; La haine et le courroux obscurcissent ma vue... Je ne me connais plus.... Tu me rendras raison....

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