SCÈNE IX
CANDOR, Madame FRANVILLE, SAINT GÉRANT, FRANVILLE, SOPHIE, DUMONT.
MADAME FRANVILLE.
Ah ! que notre inconnu nous serait nécessaire !
( A Saint-Gérant qui entre.)
Arrivez donc, monsieur, car nous avons la guerre. Entre de bons amis empêchez un éclat : On crie , on se querelle , on parle de combat ; Et moi , seule au milieu d'un bruit épouvantable , Pour la première fois je suis très-raisonnable.
SAINT-GÉRANT
.le connais le sujet qui brouille les amis :
Monsieur Franville a tort. ♦
FR AjVVILLE.
Comment ?
MADAME FRANVILLE.
C'est mon avis.
( A Franville. )
On ne voit point sur quoi ce grand courroux se fonde ; Vous êtes condamné, mon cher, par tout le monde.
( A Saint-Gérant. )
Mais à présent, monsieur, que l'arrêt est porté, Sur quoi les deux amis ont-ils donc disputé?
SAINT-GÉRANT
Eh mais, presque sur rien , sur une bagatelle, Et qui va s'éclaircir bientôt , grâce à mon zèle. En peu de mots , voici tout ce dont il s'agit.
( Montrant Candor. )
Votre époux est trop franc ; monsieur a de l'esprit ,
Un esprit au courant de tout ce qui se passe;
Il sait que son ami bientôt perdra sa place ,
Et qu'on l'a dénoncé.... comme on dénonce enfin
Pour perdre le rival qu'on trouve en son chemin.
Que fait-il ? Inspiré par son amitié tendre ,
Il court vite à Paris, mais c'est pour le défendre;
11 parle en sa faveur, et le défend si bien ,
Que de son bon ami c'est lui qui prend le bien.
Mais par un bon motif, et que l'honneur respecte.
MADAME FRANVILLE.
L'emploi de mon époux !
CANDOR
A tort on me suspecté.