ACTE V, SCENE IX
Madame, vous saurez que c'était mon devoir, Et que je devais donc.... •
SAUVT-GÉHANT.
Le prendre pour l'avoir, Sans doute; mais bientôt il vient au ministère
( Montrant Candor. )
Certain renseignement qui sur monsieur l'éclairé:
On sait par le préfet que le bon successeur
A pour intime ami le dénonciateur.
Le ministre s'indigne , et veut qu'on aille vite
Chez l'ancien receveur faire exacte visite,
Et que si de ses fonds l'ordre et bien établi ,
11 soit dans son emploi sur le champ rétabli.
Le préfet obéit , on visite la caisse ;
Du généreux comptable on vante la sagesse ,
Et dans ses fonctions il reste maintenu.
Quoi ! je suis
s A I N T - G É R A IV T.
Vous voyez , c'est un malentendu Qui ne dénoûra point les liens agréables Qu'entre eux avaient formé deux hommes respectables.
D U :M O N T , à part.
Ah ! nous restons encor.
C A I«^ D O R , à Saint Gérant.
Monsieur, je vous entends.
Et vos discours amers....
s A r Zv' T - G É R A ]V T.
Dites donc innocents.
Vous êtes un ingrat..., Perdrai-je l'avantage
De revoir mon aini dans son petit ménage ? A propos, j'oubliais votre nantissement, Ce titre indispensable au cautionnement : Comme vous n'avez plus aucun besoin d'en faire , Vous le rendre, monsieur, me semble nécessaire.
( Il fait un mouvement pour tirer sou portefeuille. ) FRANVILLE.
Ce titre sur mes biens , quoi ! vous l'avez , monsieur ? Ah ! gardez....
C A.NDOR.
Pouvez-vous d'une semblable horreur Me soupçonner, Franville ? Ah ! d'un dépositaire .l'eus et j'aurai toujours le noble caractère ; \it si je disposai de l'écrit important Qui devait assurer le sort de votre enfant, Mon hymen projeté....
FRANVILLE,
N'en parlons plus , de grâce !
SAINT-GÉRANT, à Candor.
Je vois que vous perdez la future et la place.
c ANDOR.
C'est assez. Je découvre en vous....
SAINT-GÉRANT
Votre rival , Et vous avez raison de me vouloir du mal.
CANDOR
Je ne vous en veux pas... plus qu'à monsieur Franville , Et je suis trop connu , trop aimé dans la ville. Pour redouter l'effet de propos indiscrets. Oui, mes nombreux amis prendraient mes intérêts.