‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 36 sur 362 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Mademoiselle DÉBORA, MARIETTE.

MADEMOISELLE DÉBORA, environnée d'une troupe de jeunes filles qui tressent des guirlandes.

iiiST-CE donc ainsi qu'on s'occupe? Que la jeunesse d'aujourd'hui est fainéante !... Dç mon temps , les jeunes gens étaient plus alertes, plus vifs.

MARIETTE

Eh! mon dieu, ma marraine, nous aurons fini avant que la fiancée n'arrive au château.

MADEMOISELLE DEBORA.

Comme ces fleurs-là sont arrangées avec peu de goût!... De mon temps

MARIETTE, malignement.

Oh ! de votre temps les fleurs étaient hien plus fraîches ! N'est-il pas vrai , mademoiselle Débora ?

6i L'ENFANT PRODIGUE.

M A.DEMOISELLE DÉBORA

Oui, sans doute, et les jeunes filles aussi... Je me souviens qu'à votre âge, lorsque ce vieux baron de Beaumanoir me faisait la cour....

MARIETTE

Comment! il vous a fait la cour?

MADEMOISELLE DÉBORA

Je l'aurais épousé,... s'il n'en eiit pas épousé une autre. Aussi ce mariage a-t-il bien réussi!... Le baron n'a eu qu'un enfant, et c'est un mauvais sujet, qui court le monde et qui....

MARIETTE

Pauvre jeune homme! tous ceux qui l'ont connu le regrettent bien. S'il habitait encore le pays , votre neveu n'épouserait pas la jeune Ermance , qui aimait bien son cousin.

MADEMOISELLE DÉBORA

Ah ! vous croyez ?

MARIETTE

Sans doute! et le gentil Edmond aimait bien aussi sa cousine.

MADEMOISELLE DÉBORA

Oui, jolie manière d'aimer; il n'est pas plutôt majeur, qu'il va demander le bien de sa mère au vieux baron, qui est assez fou pour le lui donner.

MARIETTE

ïredame, le joli garçon voulait voir Paris Ces

hommes , ça veut courir le pays.

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