ACTE II, SCENE Y
ZERBELIN.
Et que vous ne suivrez pas.
EDMOND
Mais voyez comme le ciel favorise tous mes désirs ; j'ai voulu être libre, je le suis; il me manquait un aimable compagnon tle voyage, et le hasard me fait vous rencontrer. Donnez -moi votre main, et croyez que vous avez un ami pour la vie.
ZERBELIN.
Pour la vie, soit! et même au-delà, si cela vous convient... Ah! ah! ah!
EDMOND
Vous riez toujours.
ZERBELIN.
C'est d'une idée qui me passe par la tête. Convenez , seigneur, que vous seriez fort embarrassé si on vous demandait , en ce moment , le nom de votre nouvel ami.
EDMOND
Eh bien! mais.... vous vous appelez.... Eh! qu'importe le nom! On le sait toujours; il suffit que les caractères se conviennent.
ZERBELIN.
Oui, oui, cela suffit. Cependant comme un nom peut être quelquefois utile, il est bon que vous sachiez que je m'appelle Zerbelin, jadis page d'un prince troubadour : je l'ai suivi dans la Palestine; c'est à lui que je dois le goût du gentil parler, du bien trouver...
EDMOND
Vous êtes troubadour! Oh! mon ami Zer...Zerbin...
loo i;enfant prodigue.
Zrrbelin, que je vous embrasse; nous deviserons ensemble : j'ai aussi quelque teinture de la gaie science.
ZERBELIN, en riant.
Oui , je vous crois aussi savant qu'un jeune homme de votre qualité.
EDMOND
Et comment avez- vous donc connu mon père?
ZERBELIN.
En partant pour le saint lieu, le prince que j'avais l'honneur de suivre s'arrêta quelque temps chez le vieux seigneur de Viveau. Et la demoiselle Débora vit-elle toujours?
EDMOND
Toujours des prétentions à la beauté ; toujours parlant, radotant, médisant, mais du reste la meilleure femn\e du monde.
ZERBELIN, souriant.
Oh! je la connais mieux que vous.