ACTE II, SCEINE XI
voir penser comme moi. Le sentiment que vous me faites éprouver est si vif...
FLOIIESTINE.
^ous m'aimeriez donc bien?
ZERBELIN.
Oui, sans doute, et je sens que cet amour s'augmenterait encore , si vous me donniez des preuves de votre sincérité; si vous me mettiez francliement au courant des affaires de madame la comtesse.
FLORESTINE, à part.
Je crains qu'il ne me tende un piège.
ZERBELFN.
Si vous conveniez avec moi que cet oncle allemand entend fort bien le français; et qu'il est un tant soit peu baron de contrebande.
FLORESTINE
Je ne puis pas vous dire cela.
ZERBELIN.
Quoi! vous ne direz pas même que les évanouissements de votre comtesse ne sont qu'une ruse pour exciter la sensibilité de mon jeune ami?
FLOREST INE.
Oh ! quelle mauvaise opinion vous avez des femmes !
ZERBELIN.
Ah! si vous me montriez de l'attachement, au point de penser tout haut avec moi : je n'aurais plus à désirer que le bonheur de partager votre destinée, de devenir votre heureux époux. ( A part. ) Je vais tout savoir.
.i8 L'ENFANT PRODIGUE.
FLORESTINE
Cet espoir de l'iiymen, que vous m'offrez, est bien séduisant. {^À pari.) Il me trompe.
ZKREELIN.
Quoi donc! me refuseriez -vous votre main! (^ part.) Elle va parler.
FLORESTINE
{^ pari.) Il sourit, le perfide. (^Haiit.)Je vous rends bien justice, vous êtes insinuant; vous tendez vos pièges avec adresse, même avec grâce; mais toute étourdie que je suis , je saurai les éviter. Si vous m'aimez, comme vous le dites, partez avec nous pour Paris oïl j'accompagne ma maîtresse; là , vous me ferez votre cour, et je verrai si vous êtes digne de ma confiance ; mais en attendant, aimable troubadour, chantez les rigueurs de votre douce mie.
( FJle vu pour sortir.) Z ERE EL IN, l'arrêtant.
Encore un mot. Vous m'avez deviné, je vous trompais.
FLORESTINE
Vous ne m'aimez donc pas?
ZERBELIN.
Je vous estime beaucoup.
FLORESTINE
3'entcnds ce que cela veut dire.
ZERBELIN.
Vous ne m'avez rien avoué ; mais je n'en sais pas moins quels sont tous vos projets.