SCÈNE V
ZERBELIN, EDMOND.
ZERBELIiN'.
Il faut convenir c^ue cette grande dame a un singulier goût pour les fêtes. Mais pourquoi ses nombreux adorateurs n'imitent-ils pas votre exemple? Non, il est bien plus commode que vous fassiez tous les frais de ses plaisirs.
EDMONn.
En vérité, Zerbelin, vous ne manquez jamais une occasion de dépriser à mes yeux cette charmante femme. Vous prétendez qu'elle s'appelait Camille; à vous en croire, elle avait à Rome une réputation très -équivoque, et je sais de mes amis que sa noblesse est aussi ancienne que respectable.
ZERBELIN.
Mais avant qu'elle vous connût, vos amis étaient les siens.
Ce sont tous hommes d'honneiu".
i32 L'ENFANT PRODIGUE.
ZERTÎELIN.
A ce qu'ils disent.
EDMOND
Considérés...
ZERBELIN.
D'eux seuls.
EDMOND
De familles nobles et riches,
ZERBE LIN.
C'est pourquoi ils viennent lâchement vous emprunter de l'argent. Il est vrai que vous seul connaissez toute l'étendue de votre fortune; mais songez pourtant que vos dépenses sont considérables : cette terre que vous avez achetée dernièrement...
EDMOND
N'était pas pour moi, et la comtesse...
ZERBELIN.
C'était pour la comtesse, j'entends... Mais cet hôtel que nous habitons, et que vous venez de faire meubler à si grands frais?...
EDMOND
Par des arrangements avec la comtesse...
Ah! il est à la comtesse? j'entends...
EDMOND
J'ai préféré avoir mes fonds à ma disposition chez un banquier dont la probité reconnue...
ZERBELIN.
Le banquier de la comtesse? j'entends...