‹ OEuvres complètesChapitre 104 sur 330 · SCENE \\. \r · texte numérisé non relu

SCENE \\. \r

M i C II EL.

Frappé! et tu n'as pas percé le cœur de l'insolent

C'est Henri, c'est mon meilleur ami, celui que j'appelle mon frère.

MICHEL

Qu'importe ?

F I R M I IN

Il était pris de vin, il s'est jeté a mes pieds, il m'a démandé excuse.

MICHEL

Il est plaisant avec ses excuses : ce sont bien de ces affronts qu'on répare par <les excuses.

FIRMIN

Je viens à vous comme à un ami, comme à un père... M I c II E L.

J'entends : vous vous êtes donné rendez-vous; il faut te battre , tu viens me prier de te servir de témoin ; viens, mon fils, je te remercie de ta préférence.

FIRMIN

Non, vous ne m'entendez pas; je viens vous consultci

MICHEL

Me consulter sur une affaire d'bonneur!

FIR3IIN.

Oui, un préjugé barbare m'ordonne de tuer mou ami : ma raison et mon cœur y répugnent ; que dois-jc faire ?

\i I cil i: r..

M. Firmin, |'ai élé trente-trois ans soldat; j'ai vu

i34 LA YKAIE BRAVOURE.

plus d'une affaire clans ma vie : je n'ai jamais consulté personne.

FIRMIIV.

Quoi! vous voudriez....

MICHEL

Qui? moi, je ne veux rien; mais j'avoue que je ne m'attendais pas à cela de votre part.

FIRMIIV.

Et vous aussi, mon père, vous m'accablez!

MICHEL

Votre père! je ne le suis pas encore; je doute que ma fille veuille épouser un homme qui ne sait s'il doit tirer vengeance d'un soufflet. Adieu, M. Firmin , consultez-vous; quant à moi, je n'ai rien à vous dire.

F IR M I ]>f .

Ah ! grand Dieu ! pourquoi l'ennemi tarde-t-il à nous attaquer ? je n'ai jamais tant désiré de me voir aux prises avec lui. [On entend le canon.) Qu'entends-je?

Le canon!

F I R IM I JV.

Le ciel exaucerait-t-il ma prière ?

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