‹ OEuvres complètesChapitre 117 sur 330 · SCENE M. i · texte numérisé non relu

SCENE M. i

D AMIS

Un service, parle, vite, mon cher Nicolas,

1VICOLA.S.

M'y voilà. Vous savez, ou vous ne savez pas que j'aimons Babet, la fille au gros Gillin, ce riche fermier.

DAMIS

Je la connais.

NICOLAS

Un joli bijou, pas vrai. Si bien donc que ce gros Gilhn est aussi fiar qu'il est riche. Il m'a refusé sa fille tout net, parce que j'avions manqué d'une voix d'être officier municipaux.

DAMIS

Il a de l'ambition le citoyen Gillin ; il ne veut donner sa fille qu'à une puissance.

NICOLAS

C'est ça; et moi qui n'ai pas pu être nommé puissance ! ça me fend le cœur, voyez-vous.

DAMIS

Eh bien , que puis-je dans tout ceci ?

NICOLAS

Je voudrions, sauf votre bon plaisir, que vous employassissiez votre savoir en ma faveur, à cette fin qu'il me baillât ma Babet en mariage , sans tant barguigner. Vous avez une fiare loquence, morgue je vous ons entendu réciter une motion, comme si vous la lisiez tout courant , et d'après ça

DAMIS

Mais que dire à ce père inflexible, pour le toucher en ta faveur *

i58 LES SUSPECTS.

NICOL A s.

Que je sis un bon garçon de farnie, connu pour oa; que j'ons des talents : que j'ons été nommé caporal , que je battons fort joliment la caisse, et que tout ça vaut ben sa fortune, peut-être...

D AMIS

C'est ce qu'il ne croit pas. N'importe, va, laisse-moi. Je ferai mon possible pour que tu sois heureux.

NICOLAS

Ah! monsieur Damis,que de bénédictions! que de grâces à vous rendre ! aussi il n'y a qu'un cri dans toute la république , c'est que vous êtes le plus brave homme du village,

Page 1