Tome
COURANTIN.
'l\i tlis donc que ta commune s'appelle Bonlieu.
(Il tire son agenda.) GILLIIV.
(^ui, citoyen.
CUURANTIN, lisant son agenda.
Allons, je ne suis pas mécontent de moi. A la ville voisine seulement, cinquante personnes arrêtées: dixsept femmes , dix cultivateurs riches , trois hommes de ■ lettres ; et le reste , nobles et prêtres. Trois prisons établies à l'instar de Paris, dans le dernier goût. Des fenêtres artistement arrangées , qui ne donnent de l'air que ce qu'il en faut pour ne pas étouffer. Oh! c'est charmant, c'est charmant. Quelle sensation délicieuse j'ai causée à tout le pays ! Aussi j'ai fait des repas, j'ai bu des vins délicieux , et qui ne me coûtaient guère.
GILLIIV.
Qu'est-ce qu'il marmote donc là tout seul? Je ne sais, mais, à sa mine, je garantirais que c'est un voleur. 'IIP courantin.
C'est un bon métier que d'être agent du gouvernement. Je voyage en poste, dans une bonne limonière, j'ai plein mon porte-feuille d'assignats, je bois le vin des aristocrates. Ma foi, vive la république!
GILLIN.
Il dit Vive la république ! Ah! c'est un honnête homme. Parlons-li doucement, et s'il fait le rodomont, je dirai que je sis suspect, et nous aurons affaire ensemble. Citoyen, peut-on savoir ce qui vous amène dans notre commune?