SCÈNE' XX
en faire une. Où la ferons-nous? le pigeonnier est à bas, nos maisons ne sont pas assez solides.
GILLIN.
Oh! je m'en vas vous tirer d'embarras; pisque, quand on a des suspects, il faut une prison, prenez ma maison.
NICOLAS
Oh! oui, ça sera une fière prison, j'ajouterons seulement quelques clous aux portes.
COURANTIN.
Il est bien complaisant. Allons, puisque la prison existe, au nom de la loi, citoyen maire, je te somme de faire mettre les trois suspects en prison , et de les nourrir au pain et à l'eau, jusqu'à l'instant de leur départ pour Paris.
GILLIN.
Pourquoi donc nous mettre dedans; on ne nous a pas dit ça: c'est que je n'entends pas raillerie.
Père Gillin, il faut obéir à la loi. Nicolas, va chercher la force armée pour qu'on exécute l'ordre du citoyen.
NICOLAS
Ah! parguenne oui, la force armée; j'irai chercher des verges pour me battre? Pas si bête!
LEROUX
En ce cas, Delonne...,
J'v vais.
(Il son.) Tome J. i 3
191 l^ES SUSPECTS.
LA Mi^RE GILLIW.
Mais, mon petit mari,, si c'est pour remplir le devoir de ta charge, il faut te laisser faire. C'est peutêtre une cérémonie.
GILLIIV.
Va te promener avec ta cérémonie.
BA.BET
Toi , tu seras raisonnable , tu te laisseras mettre en prison , par amour pour moi. N'est-ce pas , Nicolas ? IV I COL A s.
Non, morgue, n'y a amour qui tienne; moi, je ne vçux pas siffler la linotte.
(Il arrive quelques paysans avec des fusils.) COUR A IV TIN.
Ah! que de façons; mais voilà la garde. Exécutez la loi, citoyen.