‹ OEuvres complètesChapitre 159 sur 330 · B A RN A BÉ · texte numérisé non relu

B A RN A BÉ

Vous perdez votre temps avec toutes ces plaisan teries... et votre souper? et votre couvert? et du feu dans cet appartement?

BÉINETTO.

A-h! quel souper délicieux! Je vais être avec mon ado rable maîtresse ; elle sera à mes côtés. Ab ! c'est une joie! c'est un délire ! Il me semble déjà que je la vois...

GERTRUDE

()ui-da! quel souper! quel plaisir! Mais votre ado rable maîtresse ne SFia pas à vos côtés , vous ne la verrez, ma foi, qu'en idée.

2i4 LE SOUPER IMPREVU.

Qu'est-ce que tu dis donc?

GERTRUDE

Que ni elle , ni son père ne viendront.

BÉIVETTO.

Eh! pourquoi donc, mademoiselle?

GERTRUDE

Pourquoi ? Parce qu'elle vous aime autant que vous aimez le bruit du canon. Que n'étiez-vous ici tout-àl'heure ! vous l'auriez entendu débiter des vers à votre louange.

BARNABE

Son père m'avait pourtant promis....

GERTRUDE

Oui, mais il est obligé de se rendre à Milan pour affaires.

BÉNETTO.

Ces affaires-là sont fort désagréables , on ne peut pas plus désagréables.

BARNABE

C'est en partie pour eux seuls que j'avais compagnie...

BÉNETTO.

Nous nous passerons bien d'un cher père; les pères, en affaire d'amour , cela n'est pas très-nécessaire; je vais la prier, la supplier...

Nous irons ensemble. Met^ ton couvât.

GERTRUDE

C'est fait dans un moment, {f-

( Gertiude revient, met le rouvert et allume le feu pendant la scène suivante.}

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