SCENE XYlir
FI R MIN
Eaites-iiioi le plaisir de me dire pourquoi vous m'avez tué de votre pleine autorité.
BÉNETTO.
On m'avait raconté ce petit accident; mais je com mence à m'apercevoir qu'il n'en est rien : assurément
j'en suis bien aise pour vous parce qu'enfin un
boulet....
f IRMIJV.
Mais il m'a semblé entendre que vous vous promettiez de me tuer une seconde fois.
BÉNETTO.
Je ne me serais jamais permis de tels propos; ce serait bien dommage , un joli garçon comme vous.
FIRMIN
Vous l'avez dit!
BÉNETTO.
Eh bien! oui, monsieur, mais c'est une façon de parler... cela se dit, mais cela ne se fait pas; d'ailleurs, il est bien permis à un amant malheureux d'exhaler son martyre.
SANS-QUARTIER
Allons, puisque tu es un amant malheureux, tu ne dois pas tenir à la vie, veux-tu que je t'en débarrasse?
BÉNETTO.
Pardonnez-moi, je tiens à la vie beaucoup.
GERTRUDE
Ah! le poltron!
SA^S-QUARTIER, le prenant par le cou.
Capitaine, que voulez-vous c^uc jVn fasse?
u48 LE SOUPER IMPREVU.
FIRMIN
Laisse-le, j'ai voulu le punir d'avoir effravc ma Cœlénie.
GERTRUDE , àBénetto.
Eh bien ! brave champion , que dites-vous des Français?
BÉNETTO.
Qu'ils sont de bien honnêtes gens, je les ai toujours aimés.
FIRMIN
Éloignez-vous ; sortez.
SA]yS-QU A.RTIER.
Non, capitaine, je le fais mon prisonnier de guerre; Gertrude, n'avons-nous pas besoin de quelqu'un pour nous aider? si nous soupions?
GERTRUDE
C'est bien dit.
SANS-QUARTIER
Allons, en avant, marche... au feu!
BÉKETTO.
Comment! au feu?
SANS-QUARTIER
Au feu de la cuisine , nigaud.
BÉNETTO.
c'est une plaisanterie... je m'y prête volontiers; j'en ris tout le premier, je suis jovial de mon naturel. {A part.) J'enrage; mais ils me le paieront....
(Gertrude, Sans-Quartier et Bénetto sortent.) SANS -QUARTIER.
allons , marchons.