GERTRUDE, COELÉNIE ET LES MILITAIRES
Voilà l'histoire.
SANS-QUARTIER
Et quand le général est arrivé, nous allions nous retirer chacun d?ns notre appartement, sans bruit et sans scandale.
LE GÉNÉRAL
Firmin , vous avez le plus grand tort ; quelque cruelle que fût votre mauvaise fortune, vous deviez la supporter plutôt que de violer l'asyle d'un citoyen. {Au chanoine^ Pour vdus, monsieur, votre caractère, l'humanité devaient vous engager à donner l'hospitalité à deux Français malheureux; mais, puisqu'ils ont manqué aux lois de la discipline , et qu'il est de l'honneur et de la dignité des Français de respecter les propriétés, même de leurs ennemis, je les condamne à vous payer tel dédommagement qu'il vous plaira d'exiger.
BARNABE
Monsieur le général... je... certainement...
LE GÉNÉRAL
En les recevant, vous vous seriez acquis des droits Tome T. \ y
.i58 LE SOUPER IMPRÉVU.
à leur reconnaissance, et de deux ennemis qui vous ont berné, vous eussiez fait deux amis. Je souhaite que cette leçon vous rende à l'avenir plus hospitalier.
Tenez, monsieur le chanoine, vous m'avez donné à souper aujourd'hui, faites-moi l'amitié d'accepter demain un dîner de ma façon.
s A.NS-QUARTIER.
Ah! papa, un bon dîner, ça ne se refuse pas.
BARNABE
Connnent, monsieur, un dîner! Croyez-vous que cela répare l'offense?...
B É N E T T O , bas au chitnoine.
Acceptez toujours. J'en serai.
BARPJACÉ, à Bénrtto.
Oui. Tu ci'ois donc... J'accepte, monsieur.
LE GÉNÉRAL
Eh bien ! voilà qui arrange tout. Firmin , est - ce là cette aimable personne dont vous m'avez parlé?
Oui , général.
LE GÉNÉRAL
Vous ne m'aviez pas trompé sur sa beauté. Ce choix est digne de vous. Comptez sur mes sollicitations auprès de son père; j'espère le faire consentir à votre bonheur.
BÉNETTO. •
Ci'est très-heureux pour moi... Jerae tiens à quatre... Oh! s'il n'était pas général... nous aurions affaire ensemble...