SCENE ÏTE
Ce sont (les fripons qui agissent ainsi.
ALAIN
Sans doute; mais les fripons sont si communs, qu'un honnête homme, pour qu'on ne se moque ]kis de hii, agit quelquefois connue un fripon.
HENRI
Peste ! monsieur Alain , comme vous raisonnez ! [A part.) Sophie va descendre, {Haut.) Je voudrais être seul, laissez-moi.
ALAIN
Dès que vous l'ordonnez, j'obéis. Monsieur attend peut-être quelqu'un ? Que je suis bête ! c'est mademoiselle Sophie, je vois çà. C'est bien commode; sa mère se lève tard, la jeune fille a la puce à l'oreille , on vient dans la salle <à manger ou au jardin.... et là , on rencontre le cousin connne par hasard, et puis... et puis on jase.
HENRI, à part.
Le drôle devine juste. (Haut.) Va voir à la ville s'il m'est venu des lettres de Paris.
ALAIN
Le courrier est un paresseux; il n'arrive que demain.
HENR I
Va toujours.
ALAIN, revenant, après avoir fait quebjues pas pour sortir.
Vous ne m'avez rien' dit de notre ville de Landernau.^
HENRI
Eh! que veux-tu que j'en dise?
ALAIN
Vous avez raison, il n'y a pas grand' chose à en dire.
a9'2 T. ES HÉRITIERS.
La ville n'est point belle; eh bien! vous me croirez si vous voulez, les habitants sont pires que la ville. Ils sont laids, médisants, bavards....
HEARI.
Monsieur est de Landernau , on le voit.
A.L AIN
J\ suis né; mais cependant ma mère fit un voyage à Paris, ce qui me fait soupçonner....
H E N R T , s'impatientant.
Finiras-tu? Sors, ou, parbleu!...
ALAIN, à part , en sortant.
Je ne le croyais que libertin ; mais je vois qu'il est brutal. C'est bon. Voyez ce que c'est que d'avoir trop bonne opinion des gens !