‹ OEuvres complètesChapitre 203 sur 330 · SCENE ÏTE · texte numérisé non relu

SCENE ÏTE

Ce sont (les fripons qui agissent ainsi.

ALAIN

Sans doute; mais les fripons sont si communs, qu'un honnête homme, pour qu'on ne se moque ]kis de hii, agit quelquefois connue un fripon.

HENRI

Peste ! monsieur Alain , comme vous raisonnez ! [A part.) Sophie va descendre, {Haut.) Je voudrais être seul, laissez-moi.

ALAIN

Dès que vous l'ordonnez, j'obéis. Monsieur attend peut-être quelqu'un ? Que je suis bête ! c'est mademoiselle Sophie, je vois çà. C'est bien commode; sa mère se lève tard, la jeune fille a la puce à l'oreille , on vient dans la salle <à manger ou au jardin.... et là , on rencontre le cousin connne par hasard, et puis... et puis on jase.

HENRI, à part.

Le drôle devine juste. (Haut.) Va voir à la ville s'il m'est venu des lettres de Paris.

ALAIN

Le courrier est un paresseux; il n'arrive que demain.

HENR I

Va toujours.

ALAIN, revenant, après avoir fait quebjues pas pour sortir.

Vous ne m'avez rien' dit de notre ville de Landernau.^

HENRI

Eh! que veux-tu que j'en dise?

ALAIN

Vous avez raison, il n'y a pas grand' chose à en dire.

a9'2 T. ES HÉRITIERS.

La ville n'est point belle; eh bien! vous me croirez si vous voulez, les habitants sont pires que la ville. Ils sont laids, médisants, bavards....

HEARI.

Monsieur est de Landernau , on le voit.

A.L AIN

J\ suis né; mais cependant ma mère fit un voyage à Paris, ce qui me fait soupçonner....

H E N R T , s'impatientant.

Finiras-tu? Sors, ou, parbleu!...

ALAIN, à part , en sortant.

Je ne le croyais que libertin ; mais je vois qu'il est brutal. C'est bon. Voyez ce que c'est que d'avoir trop bonne opinion des gens !

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