SCENE V
FI ENRl.
Tu m'aimes aussi.
SOPHIE
Vous voulez m'épouser?
HENRI
Aussitôt que j'aurai recueilli ma part de l'héritage de mon oncle.
SOPHIE
Vous n'avez pas d'autre avantage à faire valoir au près de ma mère?
H EN Kl.
Non, si ce n'est l'espoir que me donne mon génie, celui de parvenir à l'immortalité.
SOPHIE
Chimères de peintre ! Croyez-vous obtenir ma main ?
HENRI
Et pourquoi ma chère tante me -refuserait - elle ma cousine? Elle est jeune, je ne suis pas vieux; elle est johe, je ne suis pas mal; elle a beaucoup de bien, je vais en avoir un peu ; elle a des talents , j'expose au Salon. Nous nous aimons, nous nous convenons, et nous nous épouserons.
SOPHIE, du même ton.
Ma mère est une bonne femme , mais elle est entêtée ; elle aime beaucoup les talents , mais elle aime encore plus la fortune; elle sait que mon cousin m'aime, mais elle me donnera à mon oncle Jacques Kerlebon , qui, dit-on, m'aime aussi; il arrivera, me verra, et il m'épousera.
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