SCÈNE XIX
JACQUES RERLEBON, ÂLAIÎi.
JACQITF.S KERT-KBOjy.
Ventrebieu ! je suis tout moulu, tout froissé, tout
scjiNii xix:. 32:.
Iwïsé. Quelle voiture! quels chevaux! quels chemins! .l'aimerais mieux faire dix fois le tour du monde sur un hateau plat, que quatre lieues de poste sur la route de Brest. Quelqu'un vlendra-t-il me recevoir, oui, ou
non ?
ALAIN
Vos parents n'osent pas paraître devant vous ; ils se sont retirés pour donner un air riant à leur figure.
JACQUES KERLEBON.
Comment, un air riant! qu'est-ce que ça me fait à moi , qu'ils aient l'air triste ou gai ?
ALAIN
Vous entendez hien que votre arrivée n'est pas ce <[ui les réjouit le plus. On ne vous recevra pas bien , je vous en avertis.
JACQUES KERLEBON.
Morbleu! je voudrais bien voir qu'on ne reçût pas bien le capitaine Kerlebon ! Je tordrais le cou à toute la famille.
ALAIN, à paft.
Bon! cela connnence bien. (Haut.) Vous avez toujours bien fait d'arriver. Quelques moments plus tard , on allait se partager votre bien.
JACQUES KERLEBON.
Mille tonnerres ! mon bien ? Qui donc aurait osé faire les partages sans moi? Nous y voilà, patience....
ALAIN
Certainement, vous ne souffrirez pas....
JACQUES KERLEBON.
D'abord, il faut que j'arrange mes affaires d'intérêt.
ALAIN
Ça n'arrangera pas les leurs.
JACQUES KERLEBOW.
A propos i, ne l'oublions pas , je dois me marier ; il faut que je me débarrasse tout de suite de cette corvée-là.
ALAIN
Vous voulez vous marier ? Vous ferez bien. Vos héritiers vont avoir un pied de nez. Et quand vous ma riez- vous ?
JACQUES KERLEBON.
Dans trois jours au plus tard.
ALAIN
Votre prétendue est-elle jolie?
JACQUES KERLEBON.
Ma foi, je n'en sais rien; mais qu'elle soit grise, blonde ou brune , cela m'est égal, pour le temps que je dois rester avec elle. Trois jours de mariage, je m'embarque , et vogue la galère. Je crois pourtant qu'on m'a dit qu'elle était jolie.»