MARI
Ah! ma pauvre maîtresse, je vous Nois dans tout ceci plus nudlieureuse (jue coupable.
36/, L.\ JEUNESSE DE lUCHELIEU.
l\IADA31E 3IIClir.LlJ\ , avec l'expression la pl«s douloureuse.
Oui, malheureuse... oh! oui, bien malheureuseî... [u4vec un accent pliis sombre.) Mdà?, coupable... ah! je le suis, je ne puis me le dissimuler. Livrée au repentir, consumée de regrets, écrasée par la honte, j'aurais dû abhorrer l'auteur de tous mes maux; son audace, sa barbarie auraient dû n'exciter que ma iiaine, et tout augmenta mon amour; je détestais le crime, et j'adorais le criminel; jouet de toutes les passions , je fus celui de toutes les souffrances... Au moment où je parle, rien n'égale encore l'horreur de mes tourments; le sentiment de mon opprobre, le désespoir, le remords, l'affreuse jalousie, déchirent tourà - tour ce cœur infortuné qui ne voit plus de terme à son malheur.
MARI E
Ce n'«st pas du tout comme cola qu'il faut voir une position fâcheuse; il y a remède à tout, et le désespoir ne conduit à rien... Voilà ce beau monsieur-là de retour, il faut commencer par ne plus le revoir...
MADA3IE MICHELIN.
. Et le pourrai-je, quand cette lettre que je refusais, et que tu m"as forcée de recevoir...
MARIE
Il ftiut y répondre.
!\IA.DA.3IE MICHELIN
Quoi ! tu voudrais?...
M A Pv I E.
îl le faut, et si vous voulez un jour pouvoir vous pardonner à vous-même, il ne faut plus revoir l'honnue qui vous arrache à vos devoirs.