‹ OEuvres complètesChapitre 28 sur 330 · ACTE 1,. SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE 1,. SCENE IV

Que dis-je! Croyez-vous, \xàr l'espoir enhardi,

Qu'à cet aveu fatal mon cœur ait consenti?

Non , non. De vos regards je craignais la puissance ;

A l'instant j'évitais encor votre présence;

Je fuyais ; votre bouche a retenu mes pas :

Mon amour a paru ; je. ne m'en repens pas.

Non, que de mon aveu dissimulant l'audace,

Madame , devant vous je veuille trouver grâce.

Hélas ! je savais trop quel en serait le prix ;

Monaldeschi toujours occupe vos esprits.

De nos cœurs cependant quelle est la différence 1

Aimé de vousl ô ciel! les beautés de la France,

De la cour de Louis les objets séducteurs

M'étaleraient en vain leurs appas enchanteurs.

CHRISTINE, à part.

Je suis trahie, ô ciel !

LAGARDIE

Ah ! gardez-vous de croire Que ce soient votre nom, votre rang, votie gloire. Qui puissent à vos pieds soumettre tous mes vœux. Ah ! pourquoi le destin favorable à mes feux , Loin d'avoir chez les rois placé votre fortune , N%la cacha-t-il pas dans la classe commune! Christine sur le trône étonnait l'univers, Christine sans aïeux m'eût fait briguer ses fers. Un tel aveu , sans doute , a droit de vous déplaire. Punissez donc, madame, un amour téméraire; Loin d'en gémir je vole au-devant de vos coups. Frap[)ez! Ne laissez point fléchir votre cou^oux. Eraj)pez donc! A vos j)ieds j'attends votre sentence;

ti4 CHRlSïiNE.

Oui, si le cliâtinient, qu'on doit à mon offense, Est aussi rigoureux que mon amour est fort , Je ne dois de Christine attendre que la mort.

Levez-vous, insensé! Que votre ame enivrée

Rappelle , s'il se peut , sa raison égarée.

Cet aveu téméraire aurait , n'en doutez pas ,

Près d'une autre que moi scellé votre trépas.

Vous auriez offensé la majesté du trône.

Ces reines, que toujours la froideur environne,

Exigent les respects d'une servile cour,

Et mettent leur grandeur à mépriser l'amour:

Rendez grâce au destin si Christine plus sage.

Sans approuver vos feux, les pardonne à votre âge.

Mais j'exige qu'ici, pour prix de ce pardon.

Votre houche confirme ou calme mon soupçon ;

J'en puis avoir, sans doute, et quand votre imprudence

A de Monaldeschi confessé l'inconstance....

L AG ARUIE.

Qui ? moi ! madame , ô ciel !

Quoi , ne disiez-vous pas Qu'à la cour de Louis il trouve des appas?... ^

L A G A R U I E , H part.

( Haut. )

Qu'ai-je dit? malheureux! O ciel!.... Dans mon délire, Sais-je moi-même, hélas! ce que j'ai pu vous dire? Madame, punissez un coupahle transport; Si je vou^i déplu, je demande la mort. Mais, de grâce, oubliez que mon ame insensée

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