‹ OEuvres complètesChapitre 292 sur 330 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Madame MICHELIN, RICHELIEU, MARIE.

MARIE, avec un mouvement de colère.

Comment ! il est encore là ?

Ix'ii lA JEUNESSE DE RICHELIEU.

MADAME MICHELIN , vivement et allant au-devant de Marie,

Marie, tiens compagnie à monsieur; je vais rejoindre mon époux.

RICHELIEU , se précipitant entre elles deux et ramenant maîtame

Non, je ne souffrirai pas que vous me quittiez, avant d'avoir au moins entendu ma justification; et si vous ne voulez pas me réduire au désespoir...

MARIE

Ah bien! oui, votre désespoir... Ah! vous êtes bien un homme à vous désespérer... Madame, il vous fera tous les serments que vous voudrez, cela ne coûte rien à ces messieurs-là; mais n'en croyez pas un mot, il vous trompe : il pleurera même, pour rendre la chose plus touchante; car on dit que c'est encore là un de leurs talents... Gardez-vous d'en croire ses larmes, il vous trompe... Sa contenance affligée, ses longs soupirs, ses regards même qu'il lève au ciel, imposture, mensonge, trahison que tout cela... Quoi qu'il dise, ou qu'il fasse, il vous trompe, je le répète, et n'a d'autre but, d'autre plaisir que celui de vous tromper.

MADAME MICHELIN , comme pour imposer silence à Marie.

Marie!...

RICHELIEU, avec vivacité.

Non , madame , j'aime à voir le sincère attachement (ju'elle a pour vous... Sa rigueur à mon égard redouble mon estime pour elle.

MARI E

Eh bien! ne voudrait-il pas m'enjoler aussi, moi?... Au diable, au diable, je ne suis pas si facile à amadouer.

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