‹ OEuvres complètesChapitre 30 sur 330 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CHRISTINE, SELTO.

SELTO.

Madame , par mes soins un envoyé ^rpris x\u palais en secret cherchait à s'introduire ; Je l'ai fait arrêter, et je viens vous instruire. Qu'il devait à l'instant rendre à Monaldeschi . Ce billet que mes soins ont su trouver sur lui.

CHRISTINE, prenant le billet.

C'est à Monaldeschi.

SELTO.

Lui-même.

Et (pu'l myslèrc

u6 CHlUSTl.Mi,

SELTO.

Je crains pour un ingrat votre juste colèi'c, Lorsque vous apprendrez qu'on a trompé vos vœux ; Oui, votre amant, madame, en proie à d'autres feux. Pour vous abandonner, attendait cette lettre. Que pendant votre absence on lui devait remettre. Ses amours, son départ, on m'a tout révélé; jNIais lisez , à vos yeux tout sera dévoilé».

CHRTSTIIN'E.

Est-il donc vrai , cruel ? Est-ce là cette flamme Dont tu devais payer les transports de mon ame ? La haine dans ton cœur devança mes bienfaits; Si tu ne m'aimes plus, tu ne m'aimas jamais. Hélas! Jusqu'à ce jour je ne pouvais le croire. Je chassais le soupçon , il outrageait ta gloire ; Et t'ornant des vertus que tu devrail avoir , Mon cœur , en t'adorant , te traçait ton devoir. Je croyais que du moins quelque reconnaissance Devait de mes bienfaits être la récompense ; Et que ce sentimiht , feible prix de l'amour , A ma tendresse au moins servirait de retour. Vain espoir!... Cependant, s'il n'était point parjure? Si mon cœur soupçonneux au sien eût fait injure ? Si par un faux rapport on vous eût abusé ? Dans ce billet enfin, s'il n'est point accusé? Qu'avec plaisir mon cœur lui rendrait sa tendresse! Lisons, c'est trop souffrir du trouble qui me presse. Amour ! fais qu'à mes yeux il se trouve innocent.

Sr. LTO, à part.

Quelle fureur se peint dans son œil menaçant!

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