‹ OEuvres complètesChapitre 31 sur 330 · ACTE 1, SCENE VL · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE VL

Traître Moualdeschi , ta perte est assurée.

CHRISTINE, upits avoir lu.

Qu'ai-je lu! M'en fîerai-je à ma vue égarée?

Me trompé-je ? Est-ce ainsi que l'on parle de inoi ?

Un vil sujet ainsi se jouait de ma foi !

O désespoir ! Et moi dont l'indigne faiblesse

N'osait même à l'instant soupçonner sa tendresse î

Ah ! je ne me plains pas qu'il m'oublie en ce jour,

Ce prix m'était bien dû pour mon indigne amour.

J'en rougis. Mais, 6 ciel! trahir ma confiance ,

De mes plus chers secrets dévoiler l'importance ,

Rejeter mon hymen, imprimer sur mon front

De mes feux dédaignés l'insupportable affront;

Et de tous les Français Christine méprisée ,

De la cour de Louis devenant la risée !....

Tout son sang expiera ma honte et son forfait.

Que dis-tu, maHieureuse? et quel affreux projet!...

Dois-je à ces noirs desseins abandonner mon amc?

Non, non, Monaldeschi n'a pu tromper ma flamme.

Je le crois innocent ; et ce billet fatal

Peut-être fut écrit de la main d'un rival.

Oui , tout me dit encor que Christine est aimée ;

Que mon amour enfin fut trop tôt alarmée....

C'est trop long-temps souffrir, et mon cœur trop jaloux

Eprouve, malgré lui, je ne sais quel courroux....

Un mot va me prouver si son ame est constante :

On ne peut échapper aux soupçons d'une amante î

Courons tout éclaircir, courons l'interroger.

L'aimer ou le haïr, l'absoudre ou me venger.

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