ACTE II, SCÈNE [ï
MON ALDF.SCHI.
Madame....
Ecoutez-moi , vous pourrej me répondre.
Mieux que vous ne pensez je lis dans votre cœur. Croyez-vous qu'à mes yeux échappe sa froideur ; Quedis-je,un sentiment plus outrageant peut-être?... De nos cœurs, je le sais, un coup-d'œil est le maître; Dans le vôtre une fois si l'amour a parlé. De mes bienfaits en vain je vous aurai comblé. De l'honneur cependant la voix impérieuse Gouvernera toujours votre ame généreuse.
J'ai droit de l'espérer , et mes secrets desseins , Ma gloire, mon repos, déposés en vos mains. Trouveront, je le crois, un asyle fidèle. Parlez, et s'il est vrai qu'une flamme nouvelle Ait pu dans votre cœur effacer mes bontés. Si vos yeux, un instant, de ma gloire enchantés. Sans éprouver d'amour m'ont pu rendre les armes , Parlez; malgré l'affront qu'ils ont fait à mes charmes. Malgré l'auguste hymen entre nous concerté. Mon cçeur de votre bouche attend la vérité : Je ne peux qu'à ce prix pardonner votre offense.
MON ALDESCHI.
Madame , pouvez-vous soupçonner ma constance? Mon zèle, mon respect ne vous prouvent-ils pas?.,..
( A part. )
<Jue lui répondre? 0 ciel!....
CFJIMST[INF.
D'où nait votre embarras,
3o CHRISTmE.
Et (le la vérité n'est-ce pas le langage?
MON ALDESCHI.
Madame....
Je m'en fie à votre témoignage.
Je vois que d'un faux bruit on voulut m'alarmer. Que Ton vous outragea, que je dois vous aimer. Je vois sur-tout combien je vous rendais justice, Quand de Sentinelli redoutant l'artifice. Sans espoir de retour, je l'éloignai de moi Pour avoir un instant soupçonné votre foi.
Tant de bontés , madame , ont droit de me confondre. Pardonnez si ma bouche a peine à vous répondre.
C'en est assez ; monsieur , je connais votre cœur ; Je crois que rien ne peut affaiblir votre ardeur : Allez, de cet hymen que votre ame souhaite * Mes soins impatients vont ordonner la fête. Allez , je suis contente.
MONALDESCHI, à part , en sortant.
Ah ! sortons de ces lieux !
Et cachons, si je puis, mon trouble à tous les yeux.