ACTE 11, SCENE ill. 3r
Et son cœur, sur son front se peignant sans détour.
Me reprochait un temps qu'il volait à l'amour.
Si le traître savait que j'ai lu clans son ame !
Mais non, trop occupé de sa perfide flamme,
IjC cruel ne songeait qu'à cet instant heureux
Où l'amour de ses mains doit couronner ses vœux.
Un perfide sujet à cet excès me brave?
Oh dieux ! quelle est ma honte ! 6 mou père ! o Gustave!
Toi , qui sus t'illustrer par de nobles travaux !
Toi! que n'ont pu jamais égaler les héros!
Et qui, dans un combat périssant avec gloire.
Même après ton trépas, remportas la victoire ;
Hélas! que dirais-tu, si tu voyais mon cœur,
La proie et le jouet d'une honteuse ardeur!
Mais quoi ? J'ose invoquer son ombre magnanime !
Ah! ne songeons plutôt qu'à me venger du crime.
Et pourquoi, trop crédule, ai-je à Sentlnelh
Défendu mon aspect?.... Pourquoi l'ai-je banni!
Son bras aurait bientôt, irrité de l'offense.
Puni de cet ingrat la perfide inconstance.
Quoi donc! un autre bras ne peut-il me servir?
Quoi donc ! impunément ose-t-on me trahir ?
Mais non; réfléchissons.... cette idée est horrible!
Quoi!.... N'importe, le coup lui sera plus sensible.
(Aux gardes.)
Appelez Lagardie Ah! quel est mon tourment!
Mais cachons mes projets, et que mon cœur prudent. Des yeux de Lagardie^écartant la vengeance. Prononce d'un ingrat la trop juste sentence.