‹ OEuvres complètesChapitre 36 sur 330 · ACTE [I, SCENE IV. y · texte numérisé non relu

ACTE [I, SCENE IV. y

Je ne voulais qu'entre eux cimenter un accord : Je servais à ce prix Cromwell et l'Angleterre. Et Mazarin pourtant, instruit de ce mystère, Croira contre la France entrevoir un complot. Vous le savez, lîion cœur pardonnerait plutôt Des crimes envers moi , qu'une pareille offense.

LAGARUIE.

Et qui peut donc avoir trahi votre espérance ? Ce n'est que moi, madame, ou bien Monaldeschi: Pouvez-vous soupçonner?....

Non sans doute , et celui Dont le perfide cœur m'a lâchement trahie Quelle peine à vos yeux?....

L AGARDIE.

Il doit perdre la vie.

Quoi ! la mort !

LAG A RDIE.

Oui, la mort.

C'est vous qui prononcez, J^agardie ! •

Oui, moi-même; et si ce n'est assez, Si l'un de nous a dû subir votre vengeance, Je veux être à l'instant, sûr de notre innocence. Ou victime, ou bourreau : parlez, me voilà prêt...

C'en est assez : vous-même avez dicté l'arrêt ; Tome I. 3

On doit l'exécuter; tremblez. pour la victime.

En songeant à la main qui doit punir le crime.

LAGARPIE.

Quel crime ! ce discours a droit de m'étonner : Quel est celui de nous qu'on ose soupçonner?

CHRISTINE, lai donnant la lettre.

Lisez

LA G AR DIE lit.

« Abandonne à jamais cette reine jalouse

« Dont la fausse vertu cache un perfide cœur;

« Viens, cher Monaldeschi : l'amour et le bonheur

« Se trouveront pour toi sur les pas d'une épouse.

« Ne crains rien Mazarin, si puissant aujourd'hui,

« Instruit de ses secrets, nous promet son appui.»

( A part. )

Quelle imprudence !

En faut-il davantage?

Et mes soupçons encor lui faisaient-ils outrage ? Hélas ! c'est donc ainsi que sa duplicité Se jouait de ma flamme et payait ma bonté ! Moi, qui du rang des rois, oii le ciel m'a placée, N'ai pas craint jusqu'à l&i de me voir abaissée. Qui, séduite aujourd'hui par mes lâches amours. Allais lui confier le bonheur de mes jours ; D'un cœur perfide et faux , c'est moi que l'on accuse ! Ne crois pas qne mon cœur t'offre encore une excuse. Ingrat! c'est cet amour dont je brûlais pour toi, Cet amour insensé dont j'ai subi la loi , Qui flétrissait ma gloire et me faisait outrage :

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