‹ OEuvres complètesChapitre 37 sur 330 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Cet amour en mon cœur a fait place à la rage. C'est à vous , Lagardie , à vous que j'ai recours ; J'attends de votre bras un généreux secours. Vous avez prononcé, vous connaissez son crime: Accomplissez l'arrêt, et frappez la victime.

LAGARDIE

Grands dieux!

Obéissez.

LAGARDIE

Je ne puis.

Il le faut :

Vos serments....

LAGARDIE

Je les romps.

Ce billet....

LAGARDIE

Il est faux.

Quoi! vous voulez encore ajouter à l'injure! Ecoutez son arrêt.

LAGARDIE

J'écoute la nature.

Vous l'avez prononcé.

LAGARDIE

Je fus trop inhumain.

Vous devenez parjure.

LAGARDIE

Jlt non pas assassin.

Moi, j'irais accomplir un ordre si barbare! Ija jalouse fureur à ce point vous égare ? Vous ordonnez sa mort, vous voulez son trépas, Et pour Tassassiner vous choisissez mon bras? Non, madame, jamais. Cet amour qui m'enflamme De tous les sentiments peut embraser mon ame; Mais pouviez-vous penser que ma main en fureur Oserait d'un ami percer ainsi le cœur.

Sans que du repentir une prompte justice Ne me fit à l'instant éprouver son supplice?.... Ah! s'il vous faut, cruelle, accomplir ce dessein. Donnez-moi le trépas, je vous offre mon sein.

CHRISTINK.

D'un aussi prompt refus je dois être surprise ! Mais un puissant motif peut-être l'autorise: Peut-être croyez-vous, en me parlant ainsi. D'un juste châtiment sauver Monaldeschi ? Non, ne l'espérez pas, votre démarche est vaine; Il saura si l'on doit outrager une reine: Et d'ailleurs vous savez si Christine jamais Ordonna sans raison la mort de ses sujets? Mais pour anéantir la pitié qui vous touche. Qu'il vous suffise enfin d'apprendre de ma bouche, Que , si Christine était au sein de ses états , C'est sur un échafaud qu'on verrait son trépas. Je veux 'bien par pitié, plus que par politique,

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