ACTE IV, SCENE VI
Oui, quand Louis viendrait embrasser mes genoux. Loin de les différer, il hâterait les coups; Et si de l'envoyé je reçois cet outrage Ce sera le moment que choisira ma rage.
(A Monaldescbi. )
Tremble, malheureux, tremble! En vain, par son appui,
Mazarin défendrait un traître comme lui.
Tu ne jouiras pas du fruit de ta bassesse :
De tes perfides jours je suis encor maîtresse ;
Avant que de l'hymen les feux brillent pour toi ,
Ta mort à tes pareils pourra servir d'effroi.
Elle sera terrible , et digne de ma rage :
Oui, que tous les tourments deviennent ton partage;
S'ils étaient réunis au gré de ma fureur,
Je voudrais de ma main les porter dans ton cœur.
Puisse le ciel vengeur, sensible à mon injure.
Renversant à ma voix l'ordre de la nature.
Te sauvant de la mort, qui doit suivre mes coups.
Te ravir et te rendre à mon juste courroux!
Ah! que ne puis-je aussi posséder ton amante!
Que ne puis-je, en ces lieux, la voir pâle, sanglante,
Souffrir de tes tourments, mourir de tes douleurs
Et moi seule à vos yeux, nî'abreuver de vos pleurs!
Voilà, traître, pour toi le seul vœu qui me reste.
LAGARDIE
7VI1! madame, daignez, en ce moment funeste, Ecouter....
C'en est Irop : je ne veux rien de plus. Adieu. Gémis, éclate en regrets superflus;
ya CHRISTINE.
Crois qu'il n'est plus d'espoir et songe à ton supplice.
Sentinelli, venez.... Gardes, qu'on obéisse.
MOJVALDESCHI.
Ciher Lagardie, adieu.
Je ne te quitte pas; Et je veux avec toi partager le trépas.