CHRISTINE, MONALDESCHI, LAGARDIE
MONALDESCHI
Quel bruit se fait entendre? Ah! c'est toi, Lagardie!...
LATxARDIE.
J'arrive, cher ami, pour te sauver la vie.
MO]>f ALDESCHI.
Non, la cruelle, enfin, vient de porter l'arrêt; Tous mes bourreaux sont là : le supplice est tout prêt. Adieu; si, sous leurs coups, il faut que je succombe, J'espère en entraîner quelques-uns dans ma tombe.
LAGARDIE
Ne crains plus rien : Louis est instruit de ton sort , Et sa bonté prétend t'arracher à la mort. Déjà son envoyé....
Quelle est donc cette audace!
Sans mon aveu , Louis ose parler de grâce ; Il ignore à quel point peut aller ma fureur ! Tu viens porter le coup qui lui percft le cœur. En courant de Louis implorer la justice. Toi-même, de sa mort, t'es rendu le comphce; Et l'envoyé, s'il ose ici porter ses pas, Sera, j'en fais serment, témoin de son trépas. Gardes! qu'on le saisisse, et que chargé de chaîne On le plonge à l'instant....
LAGARDIE
Dieu! quelle est votre haine!
Madame...
Vainement on voudrait t'arracher...
MON ALDESCm , aux gardes qui veulent se saisir de lui.
Monstres! voyez ce fer; craignez de m'approclier!
LAGARDIE
Cruelle! au nom des dieux...
Je ne veux rien entendre.
LAGARDIE
Ah! c'en est trop, ami, je saurai te défendre.
Quoi? traître, aussi... Soldats, unissez- vous contre eux. Secondez ma fureur; désarmez-les tous deux.
( Les gardes environnent Monaldeschl et l'emmènent ) . LAGARDIE.
Cher ami , je succombe.
MONALDESCHL
II n'est plus d'espérance.
LAGARDIE
Madame! pouvez-vous....
Vous bravez ma puissance, Perfides! Ah! c'est trop mépriser ma bonté!
(A Lagardie.)
Je veux bien à vous seul rendre la liberté. Vous aurez vainement embrassé sa défense. Et rien ne peut, enfin, retarder ma vengeance.