LAGARDIE, CHRISTINE
Mais sortons de ces lieux.
LAGARDIE
Je vous revois , enfin :
Daignez, de mon ami, m'apprendre le destin. Je rencontre un soldat ; mais , près d'ouvrir la bouche , Il se retient et garde un silence farouche. Tout m'accable. Aussitôt je reviens vers celui Que Louis envoya pour sauver mon ami, Je veux l'irterroger, et ses yeux pleins de larmes, Loin de me rassurer, augmentent mes alarmes. Mais vous seule pouvez satisfaire à mes vœux : Dissipez mon effroi. Vous détournez les yeux; Et quoi donc? de son sort craignez-vous de m'instruire? Répondez ; dites-moi si mon ami respire.
Quoi? vous m'interrogez? Savez-vous que mon cœur....
LAGARDIE
Je sais tout ce que peut une injuste fureur. Je sais que votre esprit, tout plein de son offense. Prétend moins se venger qu'insulter à la France. Mais craignez que Louis , irrité de son sort , Un jour de mon ami ne venge aussi la mort.
Quoi donc? de Mazarin , partagez-vous la haine? Vous aussi , vous osez outrager votre reine. Quoi? vous me trahissez...
LAGARDIE
Moi? vous trahir? O dieux!
Pouvez-vous m'accuser de «e crime odieux? Le ciel connaît mon cœur, il sait mon innocence, Et, si de mon ami j'entreprends la défense.