‹ OEuvres complètesChapitre 81 sur 330 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MELCOlfR, HENRI.

M K I, C O tl R .

\h! c'est loi, mon cher Henri; )e te tiouve à propos.

HKNR 1.

Bonjour, Melcour.

MELCOIJ R.

Tues bien heureux d'avoir un ami aussi prévoyant. H E N R J .

CoMimcnt donc ?

io4 LA VRAIE BRAVOURE.

MELCOUR.

Il faut que je t'aime autant, pour m'occuper ainsi de tes plaisirs.

HENRI

Au fait.

MELCOUR.

J'apprends que tu es de garde, que ton poste est ici, qu'il se trouve par hasard voisin de cette charmante Saint -Far. J'arrange un déjeuner le plus délicieux du monde; du vin de Champagne, des huitres, nos amis de cœur. Tu as passé la nuit, tu dois avoir faim ; nous boiroq|j, nous chanterons et tu attendras là paisiblement l'heure à laquelle on viendra te relever; n'est-il pas vrai?

HENRI

J'en suis fâché, mais je ne puis accepter.

MELCOUR.

Tu ne peux pas, et pourquoi?

HENRI

J'ai promis à Firmin de passer la journée avec lui.

MELCOUR.

Ah! j'entends, le prédicateur du bataillon sera venu te faire son petit sermon... Quel chapitre a-t-il traité? Les mœurs?

HENRT.

Songez - vous , Melcour , que vous parlez de mon ami?

MELCOUR.

Je le sais : je ne prétends pas en dire du mal ; je l'aime beaucoup même; c'est un fort galant homme.

SGKNE III. i()5

Mais ces honnêtes gens sont parfois si ennuyeux, si ennuyeux !

HENRI

Firmin n'est pas de ce nombre; il joint à beaucoup de raison des connaissances profondes et l'esprit le plus juste. J'avoue qu'il est un peu sévère sur l'article des plaisirs.

MELCOUR.

Sévère, il en est ridicule. Le ciel me préserve de vouloir lui faire du tort dans ton esprit; mais où te conduit-il aujourd'hui?

HENRI

Chez Michel ; nous y dînons.

MELCOUR.

Ah! chez Michel; il ne l'entend pas mal monsieur Firmin , pour quelqu'un qui fait le novice.

HENRI

Comment?

MELCOUR.

Il t'emmène pour que tu amuses le père, tandis ({u'il fera la cour à la fille ; c'est très - honnête de sa part.

HENRI

Melcour, parlez mieux d'une famille respectable.

MELCOUR.

Moi, je n'en parle que d'après le bruit public. C'est ((u'on dit tout haut que Michel fera bien de marier sa fille avant la fin de la campagne : ce n'est pas ma faute

io6 LA VRAIE BRAVOURE.

HEWRI.

C'est une calomnie atroce.

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