‹ OEuvres complètesChapitre 82 sur 330 · M EL COUR · texte numérisé non relu

M EL COUR

Il est vrai qu on ne s'en douterait pas à Tair timide de notre lieutenant. Il me semble que je vous vois tous les quatre; cela fait tableau! Le bon Firmin assis à quatre pas de sa belle, ne lui parlant que des yeux, étouffant de gros soupirs, comme un écolier à son premier sentiment; la jeune personne rougissant, pâlissant, et se partageant entre son amant et son ouvrage; et mon digne ami, écoutant dans un coin le récit assommant des éternelles batailles du père JNIicliel , et servant, avec une complaisance exemplaire, les feux d' autrui, tandis qu'il pourrait si bien employer son temps pour lui-même, auprès de la beauté la plus adorable.

HEIN RI

Que dis-tu?

MELCOUR.

Je ne sais pas comment vous faites, vous autres jeunes gens, vous nous enlevez toutes nos femmes; votre air de candeur l'emporte sur notre mérite, sur notre expérience. Cette charmante Saint -Far, elle ne rêve qu'à toi.

HENRI

Allons donc , tu ris.

MELCOUR.

D'honneur. Moi , j'avais des prétentions; en bon ami, je te les avais sacrifiées; mais, puisque tu y renonces, tu me permettras de m'abandonner à ma pas-

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