SCENE m
slon. Adieu, mou cher Henri; je te souhaite bien tlii plaisir chez les Michel.
HENRI
Écoute donc, Melcour.
MELCOUR.
Quoi?
HENRI
Ce n'est que pour dîner que j'ai promis à Firuun...
MELCOUR.
Il n'est que neuf heures.
HENRI
J'en ai encore cinq devant moi.
MELCOUR.
Oui, mais je ne veux pas te faire perdre le fruit de la leçon du cher Firmin ; il ne m'aime déjà pas troj) , et puis c'est qu'on jouera.
aïiNRi.
Justement, je n'ai point d'argent.
MELCOUR.
Je ne suis pas ton ami, peut-être? Ma fortune, mon épée, mon sang ne sont-ils pas à ton service? Si Firmin m'écoutait, il dirait que ces offres ne sont faites que pour te séduire. Je me retire.
HENRI
Un moment, Melcour. Est-il bien, de ma part, do ([uitter ainsi une maison où j'ai été comblé de tant de politesses?
Vf EL COUR.
En effet, cette charmante femme va être d'vnie humeur affreuse; elle t'attend.
io8 LA Y RAIE BRAVOURE.
HENRI
Si j'allais moi-même lui présenter mes excuses, mes regrets ?
MELCOUR.
Ce serait beaucoup mieux. Mais auras -tu la force après de la quitter? Consulte-toi.
HENRI
Oh! ne crains rien. Allons, réflexions faites, il est plus raisonnable de la voir. Mais je te réponds que la beauté de Saint-Far , les instances de nos camarades , ne me feront pas manquer à mon ami.
(Il entre chez madame Saînt-Far. ) MELCOUR, seul , le conduisant jusqu'à la porte.
Ah! je serai le premier à t'arracher de ce séjour, parce qu'il n'est pas dans mes principes de donner une parole pour ne pas la tenir. — 11 est à nous. Ah ! j'aperçois Sophie , les amours du cher lieutenant. Elle est bien, de la taille, du teint, de l'œil; à Paris même, elle ferait de l'effet.