FIRMIN, SOPHIE, MICHEL
JF I R M I N.
Dieux ! se pourrait-il ? ma Sophie ! mon père !
MICHEL
Oh! oh! tu sais déjà que j'ai résolu de l'être. C'est la friponne qui t'a instruit.
FIRMIJV.
Quelle reconnaissance né vous dois-je pas!
MICHEL
Aucune, mon ami. En te la donnant j'assure son ])onheur et le tien. Vous vous valez tous les deux. Elle est jolie, tu es jeune et robuste; elle est bonne, tu es brave; elle est vertueuse, tu es un franc républicain ; tu n'as rien, moi je n'ai pas grand' chose, vous n'aurez point de reproches à vous faire.
FIRMIN
N'ai-je pas deux bras? je labourerai la terre; j'arracherai ses trésors; j'en jouirai, et je ne devrai qu'à mon travail mon existence, et mon bonheur.
Un moment, s'il vous plaît. Je consens à te donner ma fille, à faire ton mariage le plus tôt possible, mais
To,nc I. 8
Il/, T. A VRAIK BRAVOURE.
je n'entends pas que tu quittes les armes. La France a besoin de ton bras, et avant de penser à cultiver les cbanips, il faut penser à en chasser les ennemis.
FIR3riN.
Mais c est bien mon intention, mon père.
SOPHIF.
Il se battra quoique marié?
IMICHEL.
Sans doute. Et que veux-tu qu'il fasse près de toi, quand toute la jeunesse française est devant l'ennemi, il a commencé la guerre, il faut qu'il la finisse : voici mon plan. Tu vas épouser ma fille, je te nommerai mon fils ; tu me laisseras , si tu peux , un petit républicain, c'est ton affaire; après quoi tu repartiras, et à la fin de la guerre tu reviendras, ou tune reviendras pas.
SOPHIF.
Comment, il ne reviendrait pas! quelle idée affreuse!
Eh! bien, il reviendra; moi, je Taime beaucoup mieux aussi; nous l'embrasserons, et le soir il nous racontera les batailles auxquelles il se sera trouvé.
F 1 RM IN.
Comme vous nous contez les vôtres.
Oui, mais je n'en parle pas avec plaisir; je me battais sans savoir pourquoi : et toi , tu combats pour tes enfants, pour tes concitoyens, enfin pour la patrie. Quelle différence! Quelle carrière pour ton courage! tu connnences par oii j'ai fini. Après trente-trois ans de service, d'esclavage, et de probité, je fus fait lieu-