SCÈNE VIII
FIRMIIV , SOPHIE , MICHEL , Un JOCKEI.
LE JOCKEI, à Flrmin.
Je VOUS cherchais; j'allais chez le citoyen Michel pour vous remettre cette lettre.
FI R MIN
De quelle part, et qui êtes-vous?
LE JOCKEI.
Comment! vous ne me connaissez pas? Je porte tous les jours un poulet circulaire^ beaucoup de vos camarades ; j'appartiens à madame Saint-Far.
MICHEL
Ce doit être une bonne citoyenne. Elle semble courir après tous les soutiens de la liberté.
FIRMIN, après avoir lu.
Cette lettre est de Henri; il me demande de l'argent. Malheureux jeune homme !
LE JOCKEI.
Il m'a dit que vous me remettriez quelque chose pour lui.
FIRMIN
Dis-lui que je l'attends ici; que je veux lui donner moi-même ce qu'il me demande.
iiG LA VRAIE RR'AVOUKE.
LE JOCKEf.
Il ne pourra peut-être pas venir; il est fort occupé: il boit, il chante; il avait un peu d'humeur quand il est arrivé, mais le vin de Champagne a dissipé tout cela. Au reste, je m'en vais lui dire de descendre. (7/ s'en va et retient.) Ecoutez donc , citoyen Firmin * , je m'ennuie, moi, de n'avoir autre chose à faire que les commissions d'une petite-maîtresse. Quoique petit, je hriMe de servir ma patrie.
FTRMIN.
Eh î bien.
LE JOCKEI.
Eh! bien, est-ce qu'il ne serait pas possible, par \otre entremise, de devenir tambour dans votre compagnie? C'est que je bats déjà très-joliment la caisse.
MICHEL
C'est bien, mon ami ^ tu es un brave garçon, ce serait un meurtre de te laisser chez cette Saint-Far.
FIRMIN
Oui, sans doute, je songerai à toi; mais va dire à Henri que je l'attends.